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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 00:59

Que faire quand on a une mauvaise image ? Produire et diffuser soi-même l'excellente opinion que l'on a de son activité. C'est ce qu'ont fait les nanotechnologues. Le PRES, Pôle de Recherche et d'Enseignement Supérieur de Lyon, a payé Vivian Gateau, cinéaste à gages, pour réaliser un "documentaire" sur le nanomonde, ses monts, ses merveilles.

Le 10 décembre 2008, celui-ci présentait son film, "Le nanomonde ou l'abîme", à une salle triée sur le volet et convoquée confidentiellement, à l'INSA, école d'ingénieur lyonnaise. Laquelle eut la primeur de ces révélations : non seulement le nanomonde a des ennemis (Pièces et Main d'oeuvre, pour ne rien vous cacher), mais ceux-ci sont "financés", selon Jean-Charles Guibert, directeur de Minatec, par "la concurrence étrangère". Nous ne le savions pas. Mais Guibert et Gateau, eux, savent bien qui les paient. Il est vrai que dans le monde désintéressé de la pure recherche, on n'imagine pas de faire les choses gratuitement.

Ce n'était que l'une des perles d'une soirée à demi hilarante, à demi consternante, à laquelle notre agent n°1 68 02 75 … … eut la chance d'assister.

Découvrons son compte-rendu  sur http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/Les_nanos_font_leur_cinema.pdf

voir aussi
www.piecesetmaindoeuvre.com

Derniers ouvrages parus (éditions L'Echappée) :
  • Aujourd'hui le Nanomonde – Nanotechnologies, un projet de société totalitaire
  • RFID : la police totale – Puces intelligentes et mouchardage électronique

Prochaines rencontres avec PMO :
  • 22 janvier à 20h à Montpellier, librairie Scrupule (26 rue du Faubourg Figuerolles)
  • 23 et 24 janvier à Toulouse (lieu et heure précisés ultérieurement)
  • en février au salon Primevère à Lyon

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Published by Collectif Vigilance OGM 69 - dans divers
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commentaires

vivian gateau 30/01/2009 16:13

J'ai reçu un autre mail de PMO qui avoue ne pas avoir vu mon film !
et qui ne répond pas à ma question sur leur présentation qui témoigne de la mauvaise lecture du rapport de leur agent...
Bien triste...

Cordialement,

Vivian Gateau


ceci est la copie de ma réponse envoyé ce jour à PMO :


Ma réponse publique à votre mail :

Bonjour,

De retour de déplacement nous trouvons votre réponse, ainsi que celle de votre spectateur critique de l'INSA – que nous vous copions ci-dessous.

Pour votre information, il est difficile d'avoir accès à votre film sur Internet – nous avons effectué des tentatives à partir de machines différentes, en vain.


NOTE Vivian Gateau
j'avoue que ce film n'était pas destiné à être diffusé sur internet, mais si vous le donnez une adresse je peux bien évidemment vous le faire parvenir, mais si je comprends bien vous n'avez pas vu le film???????????????
ALORS LA J'AVOUE TOMBER DES NUES , VOUS ETES EXTRAORDINAIREMENT MALHONNETES MESSIEURS, VOUS ETES QUAND MËME SACREMENT GONFLES !!!!!

En ce qui nous concerne, cette réponse clot un échange qui n'est pas assez intéressant pour être poursuivi.
NOTE Vivian Gateau
ah oui bien sûr excusez moi mais vous ne répondez pas à la question de votre mauvaise lecture du rapport de votre agent, qui rappelle dans sa réponse son intérêt... Mais apparemment il n'y a pas que moi que vous ne trouvez pas intéressant, votre agent, qui se défend d'en être, ne paraît pas vous intéresser non plus, étrange contestation que la votre, elle tape tout ce qui bouge... Il n'en demeure pas moins que vos insultes à mon égard sur votre site reste sans objet, gratuite, infondée, alors pourquoi?????
Malheureusement vous ne brillez pas ici par votre honnêteté...

évidemment tous nos échanges seront publiques. Je n'ai pas envie de me laisser insulter par des gens qui n'ont même pas vu mon film!!!!!


Salutations,
PMO

NOTE Vivian Gateau
Bon je n'ai pas l'habitude de parler à des murs mais je réponds quand même publiquement à votre agent
Bonjour,

PMO m'a fait suivre vos mails. Voici donc quelques précisions, en
particulier sur la genèse de mon compte-rendu. Je ne fais pas partie de
PMO.
NOTE Vivian Gateau : il ne le pense pas apparemment mais en fait ça m'est égal, pourtant c'est même par eux que vous passez vos mails. Ils vous font d'ailleurs à tort une confiance aveugle en tout cas, ils n'ont pas vu le film!!!! Et pourtant ils m'insultent!! Génial des gens bien quoi!!!
Pour tout dire, quoique j‚apprécie leurs analyses, je ne les ai
jamais rencontrés. Je me suis rendu à la projection par pure curiosité et
ne prévoyais pas de rédiger quoi que ce soit à son propos. J'ai tout
d'abord été décontenancé par l'introduction fictive de votre film. Il
s‚agit d‚un procédé que l'on ne devrait pas rencontrer dans ce qui se
présente comme un documentaire, et ce quel que soit son intérêt
stylistique. C'est après discussion avec PMO sur ce point précis que j'ai
accepté de relater cette soirée - de mémoire.

NOTE Vivian Gateau :Le documentaire fiction existe depuis de nombreuses années et ne constitue en rien une déformation de l'information. Mais cette critique est formelle et n'a rien à voir avec le fond, vous vous rattrapez aux branches là, mais bon...


Mon récit est sélectif et n‚aborde que certains des éléments qui m'ont
semblé les plus saillants.
NOTE Vivian Gateau : bien sûr avec la volonté sereine de déformer les propos du film

Il y a bien entendu une question de mémoire.
NOTE Vivian Gateau: qui paraît vous manquer la plupart du temps,
Ainsi je m'en veux de ne pas avoir assez suivi l'échange entre l'homme âgé
qui s'interrogeait sur l'existence d'un besoin social à la base des
recherches et le vice-président de Minatec - et non son chef de com', il
l'a assez répété. Plus important, il y a aussi un parti pris narratif, que
j‚assume. Il ne s'agit pas d'idéologie, mais plutôt du résultat d‚un
cheminement intellectuel
: je ne connais que trop bien
Note Vivian Gateau : justement vous avez le nez dedans et certainement maille à partir avec ce milieu, c'est absolument indéniable, d'où votre volonté d'en découdre et de raconter des mensonges. Dommage que votre aigreur me soit tombée dessus.

ce milieu dans
lequel j'évolue depuis quelques années - dans une branche certes éloignée
des nanos, mais tout de même dans la recherche appliquée - et une lente
Note Vivian Gateau : prenez encore le temps alors avant de juger vous en manquez gravement, j'avoue n'avoir jamais apprécié les agents double... désolé.

prise de conscience élaborée à partir de lectures et d‚observations de
terrain m'a amené à porter un regard de plus en plus critique et
moralement inconfortable sur le petit monde ronronnant de la recherche,
cet inséparable compagnon de l'industrie, de la consommation et de
l'armement.
Note Vivian Gateau : Ce n'est pas moi qui bosse la dedans monsieur, remettez vous en question. J'ai rencontré quelqu'un qui a le même parcours que vous à greenpeace qui a choisi, peut-être manquez-vous de courage. Un courage certes qui dépasse la simple dénonciation fausse et anonyme.


C'est un échantillon de ce petit monde que l'on a retrouvé à cette
projection. Je puis vous assurer que cette soirée l'a plus diverti que
bousculé. Je dois ajouter qu‚à votre corps défendant, peut-être, vous avez
contribué à faire de ce débat un moment plutôt « sympa », ainsi que j‚ai
pu l‚entendre de la part d‚un membre du public à la sortie. Ironie ou pas,
cabotinage ou pas, vous avez su mettre les rieurs de votre côté - j'avoue
volontiers ne pas en faire partie, tant le sujet ne m'amuse plus -, et par
là-même noyer la portée vos arguments. Le public était bon et bien
disposé. La faute à une diffusion confidentielle de la part de l‚INSA ?
Assurément, mais vos précisions n‚y changent rien.
Note Vivian Gateau : Je vous laisse juge de ce que vous avez entendu. En fait je ne vous reviens pas et vous avez du mal à séparer le fond de la forme, un vrai problème de distance critique et vous n'hésitez pas à me livrer aux insultes. bravo, vous pouvez être fier de vous monsieur l'agent, un de vos lecteurs s'est cru obligé de me traité de bâtard... J'avoue en être profondément affecté et me réserve le droit de suite...

Pour en revenir au film, je me souviens de M. Souifi mentionnant avant la
projection qu'il avait été réalisé avec le concours de Capcanal et du CNC,
à la demande du PRES de Lyon. Le financement du CNC vous laisse peut-être
toute latitude dans la réalisation, il n‚en reste pas moins que le public
l‚ignore et que cette introduction le présente comme un film de commande.
Note Vivian gateau : Ce n'est pas une commande, donc ce que vous dites est faux et archi-faux, vous auriez dû enquêter avant de jouer les informateurs, c'est tout. Il y a un truc qui s'appelle le recoupage d'information. Si vous m'aviez demandé vous auriez compris. Mais ce n'est pas votre truc la rencontre.


Qu'il n'ait pas été apprécié par les gens de Minatec, tant mieux, mais
ainsi que je l‚ai fait remarquer, son intention critique ne s‚est pas
franchement fait sentir, même au cours de ce débat bon enfant.

Sans doute
en ai-je trop attendu - avez-vous déjà vu « Le silence des nanos » ou «
Alerte à Babylone » ?
Note Vivian gateau : J'ai vu silence des nanos, film partisan fait à partir de bouts d'internet, ce n'est pas mon truc, mais je respecte le travail de recherche. Ce film pourtant ne prêche que les convertis et affiche constamment la thèse du complot à laquelle je ne souscris pas.

Sans doute aussi suis-je passé à côté de certaines
connotations trop subtiles pour un esprit rustique et partisan comme le
mien.
Note Vivian Gateau : no comment...

Je suis pourtant un honnête tâcheron : je l‚ai visionné deux fois,
sans compter les retours sur quelques morceaux choisis. Soit dit en
passant, si vous vouliez faire allusion à des risques similaires à celui
de Tchernobyl
note Vivian Gateau : un défaut de mémoire monsieur l'honnête tâcheron? si c'est la cas voici la voix off qui clos le film :
Je suis tombé dans le nanomonde à cause d’un courrier électronique mal dirigé, une erreur informatique. L’erreur technologique existe donc et si l’on compare souvent les nanotechnologies au nucléaire, nous avons tous en tête Tchernobyl et ses ravages. Quelle forme prendrait alors l’accident nanotechnologique , une propagation de nanoparticules, une société cybernétique déshumanisée ? Hier les yeux braqués vers les étoiles aujourd’hui plongés dans l’infiniment petit, la science a toujours avancé à tâtons et nous a même inculqué cet esprit du doute. Tout en continuant la recherche, il est de notre responsabilité à tous de cultiver ce doute à tous les niveaux, pour faire en sorte que le nanomonde, porteur de nombreux espoirs, ne devienne un abîme pour les générations futures.


, pourquoi ne pas en citer le nom, plutôt que d‚inventer une
erreur de mail ? Vous vous dites dubitatif sur l‚évaluation des risques
sanitaires, sur l‚utilité des applications technologiques, sur la
séparation entre applications militaires et civiles. Fort bien, c‚est tout
à votre honneur. Je note juste que vous n‚avez pas jugé pertinent de
commenter les interviews des chercheurs insouciants ou navrés par le même
« mouais » péjoratif que celui réservé à l‚énumération des titres trouvés
chez PMO.
Note Vivian Gateau : le mouais jugeait le nanomonde et non PMO

Vous préférez à ces occasions laisser le champ libre à
l‚interprétation du spectateur. Je ne peux m‚empêcher de penser que le
scepticisme de vos réflexions ne s‚exprime qu‚en endroits choisis, à la
faveur de ficelles de montage.

Je n‚entends pas à nouveau décortiquer le film.
Note Vivian Gateau : à nouveau? mais vous n'avez dit que des approximations dessus pas vraiment décortiquer monsieur
J‚ai déjà fait remarquer
que je lui trouvais à peu près un seul point positif : l‚accusation de
financement étranger de PMO.
Note Vivian Gateau : ah oui bah PMO n'a pas eu l'air de comprendre

Encore est-ce surtout un fait amusant. Pour
le reste il passe à côté de l‚essentiel, à savoir le questionnement clair
et net de la finalité des nanotechnologies, non à travers la description
de quelques applications phares avec force infographies, mais par une mise
en perspective du projet de société foncièrement technologique dont elles
participent.
..

Les problèmes sanitaires et éthiques pourront toujours
trouver une solution médiatiquement satisfaisante, comme cela est
actuellement le cas pour le nucléaire. C‚est sur cette conclusion
rassurante que s‚est terminé le débat. Les élèves et les chercheurs
pouvaient rentrer chez eux et continuer à faire comme avant.

Note Vivian Gateau : Vous faites totalement l'impasse sur au hasard :
l'ethnologue, la critique des applications types fenêtres autonettoyantes, l'auteur de SF, la critique sanitaire sur les nanoparticules, la question du principe de précaution, Le politique qui dit : vous avez raison il y a des risques, la critique de la responsabilités des scientifiques et j'en passe. Trop intellectuel pour vous ou bien trop rustique je ne comprends plus rien.

Vous avez raison de noter qu‚il s‚agit d‚un « front ». Encore les forces
en présence sont-elles loin d‚être équivalentes en effectifs et en
puissance de feu. Par souci de "fraîcheur", par manque de recherche
documentaire, votre film, qui sera visionné sans vos commentaires
rappelons-le, n‚a malheureusement pas le mérite de rééquilibrer cet état
de fait.
Note Vivian Gateau : Vous n'avez pas regarder le film comme tout le monde, ça c'est sûr...


Désolé de ne pas signer ; n‚ayant pas pour l‚instant trouvé de solution
alternative viable,
Note Vivian Gateau : vous devriez peut-être passé plus de temps à cela plutôt que de divulguer de fausses informations,

je ne désire pas perdre mon boulot.
Note Vivian Gateau : Le courage manque souvent aux agent-doubles. Peut-être est-il temps de vous remettre en question, mais ça ne me regarde pas. Je n'ai pas l'intention de pleurer sur votre compte monsieur l'agent double. Par contre je vous invite à revoir votre jugement sur mon travail, même si j'avoue ne pas avoir beaucoup d'espoir là-dessus tant votre malhonnêteté intellectuelle me paraît profonde et ne pas avoir vraiment à voir avec les nanotechnologies mais bien avec vos rapports avec votre travail.

Bian cordialement,
Vivian Gateau

vivian gateau 30/01/2009 16:00

Les nanos font leur cinéma
Mercredi 10 décembre a eu lieu à l'INSA de Lyon la projection du film "Le nanomonde ou l'abîme". Il s'agit d'un documentaire réalisé par Vivian Gateau sur les nanotechnologies. Travaillant dans un laboratoire de recherche de l'INSA, je m'y suis rendu, pas tant pour voir le film, que j'avais déjà visionné sur le site de la webTV de la fac de Lyon, que pour assister au débat qui le suivait1. L'affiche était en effet prometteuse.
La salle est aux trois-quarts remplie. Pas de surprise, une grande majorité du public est constituée par des élèves-ingénieurs, en grande partie des garçons, ainsi que par quelques personnes plus âgées dont certaines sont leurs professeurs. Il faut dire que la projection n'avait été annoncée que sur la lettre électronique de l’INSA. Clins d'oeil, sourires, salutations discrètes, on peut parler d'un climat de connivence. On se doute aussi qu'on n'assistera pas à Hernani.
Vivian gateau :
L’idée sous-jacente ici est que le public a été trié sur le volet. Pourquoi s’il s’agissait d’un film de propagande pro-nano le PRES aurait-il voulu restreindre son impact en organisant des projections confidentielles? J’avoue ne pas bien comprendre la logique. D’autres parts, la projection a été organisée par Abdelkader Souifi, qui m’a à plusieurs reprises confié son désarroi face à la lenteur du service com de l’insa à véhiculer l’information.
Les invités sont le réalisateur, Vivian Gateau, auteur d'une vingtaine de documentaires sur divers sujets Culturels
Vivian gateau :
Si l’agent avait fait un peu mieux son travail, il aurait cherché à savoir quelle était ma filmographie, il se serait aperçu alors que j’ai réalisé au hasard :
une collection sur les politiques culturelles qui s’atelait à critiquer les politiques-vitrines culturelles et le manque cruelle de moyens,
un documentaire sur radio Canut, la radio libertaire de Lyon
un documentaire sur la parole politique des artistes contemporains
un documentaire sur l’humanisme version lyonnaise insistant sur le combat des canuts
un documentaire sur les tags qui s’évertue à donner des clefs de compréhension au grand public de cet art de la contestation
Bref des films plutôt orientés et certainement pas un parcours qui m’amènerait à me jeter dans les bras de l’industrie nanotechnologique.

, Bernard Reber, philosophe de l'université Paris V spécialisé dans l'étude des concertations
entre scientifiques, industriels et société civile, Bruno Paing, l'avenant directeur adjoint de Minatec et Guy Hollinger, Directeur de l’Institut des Nanotechnologies de Lyon. Abdelkader Souifi, chercheur à l'Institut des Nanotechnologies de Lyon et conseiller scientifique du film, est le modérateur du débat. On est en famille, Bernard tutoie Abdelkader.
Vivian gateau :
C’est en effet le cas, Bernard connait Abdelkader. Abdelakader qui trouve que Bernard fait du bon travail l’invite donc à cette discussion. Bernard accepte et fait une critique virulente et constructive des nanotechnologies à chacune de ses interventions lors du débat. Vous comprennez certainement qu’Abdelkader est un chercheur très ouvert sur le débat et il a même des connaissances même des amis tels que Bernard qu’il tutoie.

Celui-ci commence par préciser que le film a été réalisé à la demande du PRES de Lyon (le PRES, Pôle de Recherche et d'Enseignement Supérieur, regroupe une vingtaine d'établissements de recherche et formation, fac, écoles d'ingénieurs, à Lyon et Saint-Etienne ; son objectif est d'assurer une visibilité internationale à la recherche en Rhône-Alpes). Il s’agit donc d’un film de commande ayant pour mission de vulgariser les nanotechnologies.
Qu'en retenir ?
Vivian gateau :
Je tenais tout de même à vous dire que je ne suis pas payé par le pres et que je ne cours absolument pas après quelconque financement de la branche scientifique, le film a été financé par le CNC et une chaîne de télévision du Câble régional, Capcanal, chaîne de l'éducation et de la ville de LYON dirigé par Philippe Meirieu, pédagogue engagé qu'on ne peut certainement pas accusé de collaboration avec les grandes firmes scientistes. De plus, ce n'est pas un film de commande, mais bien un film d'auteur, aussi mal fagoté soit-il... Pour être tout à fait clair, une liste de 10 films m'est proposé dans le cadre de cette série et ensuite si je l'accepte, je fais ce que je veux d'où son financement par le CNC comme film d'auteur.
Ce thème m'intéressait particulièrement pour mettre en évidence les dérives scientistes, ce que j'ai essayé de faire relativement finement peut-être un peu trop...
Un conseiller scientifique m'est alors proposé, c'était Abdelkader Souifi chercheur à l'INSA. Ce conseiller scientifique m'a laissé absolument libre de mes propos, il n'avait d'ailleurs absolument pas le pouvoir de m'interdire quoi que ce soit. Son rôle s'est cantonné à vérifier l'exactitude des renseignements purement scientifiques présent dans le film comme l'animation de la vectorisation des médicaments par exemple ou les noms des gaz utilisés dans la création des nanotubes de carbone... Mais il n'a jamais eu un mot sur le contenu du film.

Il s’agit, selon la description donnée sur le site, de l’enquête d’un « jeune citoyen curieux » dans le monde mal connu des nanotechnologies. J’en décrirai surtout le début, une petite manipulation narrative révélatrice du ton général du film.
Vivian gateau :
Manipulation est un terme choisi avec finesse… Bien permettez moi d’éclairer un peu l’agent PMO sur la lecture d’un film. Cette manipulation où mène-t-elle? Et bien comme très souvent dans une narration le début est à mettre en rapport avec la fin. Cette invention scénaristique de haut-vol dévoile son but à la fin où il est question de l’accident technologique, car au delà de toute autre considération liée à la sécurité et l’évaluation des risques, il me semble que l’idée de l’accident est incontournable.
“Je suis tombé dans le nanomonde à cause d’un courrier électronique mal dirigé, une erreur informatique. L’erreur technologique existe donc et si l’on compare souvent les nanotechnologies au nucléaire, nous avons tous en tête Tchernobyl et ses ravages. Quelle forme prendrait alors l’accident nanotechnologique , une propagation de nanoparticules, une société cybernétique déshumanisée ? Hier les yeux braqués vers les étoiles aujourd’hui plongés dans l’infiniment petit, la science a toujours avancé à tâtons et nous a même inculqué cet esprit du doute. Tout en continuant la recherche, il est de notre responsabilité à tous de cultiver ce doute à tous les niveaux, pour faire en sorte que le nanomonde, porteur de nombreux espoirs, ne devienne un abîme pour les générations futures.”
Voilà donc ma conclusion que je sais jugée très crétine par PMO.

Le point de départ de l’enquête est la réception d’un mail de Pièces et Main d'œuvre adressé « par erreur» au réalisateur, l’invitant à découvrir les « nécrotechnologies » sur son site2. Suivent quelques images du site, agrémentées de commentaires circonspects : « Apparemment, les nécrotechnologies sont un petit nom sarcastique donné aux nanotechnologies. » Il faut avoir vu ce film, il faut l'avoir entendu
surtout, pour sa narration virtuose jouant avec un égal bonheur sur les registres de l'inquiétude, de l'impertinente naïveté, de la suspicion ou de l'ironie. Un grand bravo à Vivian Gateau pour le choix de son récitant.
Vivian gateau :
Merci mais ce n’est pas moi qui l’ai choisi. C’est une série documentaire donc c’est le producteur qui a choisi le récitant, et d’ailleurs contre mon avis….

Avec ce « petit mot sarcastique » on est les deux pieds dans l'ironie. Suit une liste de quelques titres, « Nanotechnologies, maxiservitude », « rêve ou cauchemar ? », « nouvel âge d'or ou apocalypse ?» ponctuée par un « mouais » dubitatif, derrière lequel soin est laissé au spectateur de s'imaginer tout une diversité de réflexions (registre de la suspicion). Subit accès de perspicacité, le réalisateur note que le nanomonde n'a pas l'air d'être un « territoire très serein » (registre de l'inquiétude). Il répond donc à PMO, et lui demande de lui accorder une entrevue.
Vivian gateau :
Et bien en matière de sarcasme je vois que je n’ai rien à vous apprendre. Les termes PMO sont sarcastiques d’ù effectivmeent
Réponse de PMO : « ...nous ne participons qu'à des films contre et non pas sur les nanotechnologies ».
Vivian gateau :
Oui c’est drôle non? En fait ça fait rigoler tout le monde votre réponse, certainement pas votre positionnement antinano qui force le respect mais le côté jusqauboutiste et guerrilla de pacotille certainement, désolé j’essaie juste de vous expliquer, je ne juge pas… Mais ce n’est pas de mon fait désolé, j’ai dû d’ailleurs atténuer l’apparente absurdité de cette phrase par un peu d’humour :
« Le ton est donné », précise le narrateur.

Il ne croit pas si bien dire, tant nous sommes déjà conquis par le récit bon enfant des pérégrinations du citoyen curieux sans être trop critique.
Vivian gateau :
Merci mais vous me flattez grand fou, à moins que ce ne soit du sarcasme, mais flute en face d’une telle intelligence on ne sait plus où donner de la tête…

Dans la suite du film nous assistons donc à des interviews de chercheurs, d'un écrivain de science- fiction, d'une ethnologue, d'un décideur politique par ailleurs ancien chercheur. Entretiens peu dirigés, les intervenants parlent librement et sont assez peu contredits.
Vivian gateau :
Et là se trouve une des plus pércutantes critiques de l’agent de la critique. La liberté de parole est un crime et le peu de contradiction certainement un manque de perspicacité…

Malgré tout, en filigrane, le spectateur attentif ou celui qui a vu le documentaire plusieurs fois, peut déceler certains contresens, des rapprochements qui s'entrechoquent sans que leur dissonance ne soit jamais clairement mise à jour. Les exemples sont multiples.
Vivian gateau :
Ah en filigrane… Peut-être une technique critique… l’ampathie critique… Une façon de critiquer sans mettre des coups de points dans la gueule à la manière du flic fasciste, qui tape d’abord et discute ensuite…

Ainsi tel chercheur décrit de manière pédagogique les différentes nanoparticules existant déjà dans l'environnement urbain – particules dues à la combustion du fioul, du diesel, et à la fumée de tabac. On doit comprendre que les nanoparticules sont déjà parmi nous et que leur danger n'est pas spécifiquement lié aux nanotechnogies.
Vivian gateau :
Absolument faux : la voix off dit :”ce n’est pas parce qu’il y en a déjà partout qu’il faut en rajouter!”
Même si parfois (cf : séquence des ridicules fenêtres autonettoyantes : j'ai dit d'ailleurs lors du débat que je trouvais les applications bêtes à pleurer! mais que faisait donc votre agent ?) je descend certains arguments des pro-nanos comme la présence déjà effective de certaines nanoparticules dans l'atmosphère , un des arguments les plus dangereux à mon avis, il ne me semble pas pertinent de relancer un scientifique qui dit d'une voix relativement navrée que le pognon mène la barque. Il est évident qu'il le déplore.

Il conclut néanmoins en avouant qu'il ne connaît pas toutes les nanoparticules existantes et à venir, et que, connaissant l'être humain, il se doute que « s'il y a du pognon à se faire, les gens le feront ». On aurait aimé avoir la question : « Et ça ne vous dérange pas ?» On ne l'aura pas.
Vivian gateau :
Waooo quel fin analyste, quelle profondeur de champ. Je décèle en vous monsieur l’agent un grand stratège en matière d’interrogatoire...
Si dans le film je ne ponctue que rarement les interventions des scientifiques, c'est parce que je fais confiance aux regards critiques des téléspectateurs, (un truc qui ne doit pas effleurer les agents PMO) votre agent qui l'exerce si bien a d'ailleurs relevé plusieurs incohérences laissées ici ou là afin de semer le trouble, mais il n'est pas le seul faut-il lui dire ?
D'ailleurs la phrase sur le pognon ouvre la séquence sur Minatech, je ne vois pas comment faire plus clair!
Ils ne s'y sont pas trompés d'ailleurs, à tel point que j'ai dû au tout début du débat me défendre de ne pas faire partie de PMO.

Un autre chercheur, Abdelkader Souifi, est interrogé sur les applications militaires des
nanotechnologies. Certes, reconnaît-il, l'objet de ses recherches peut trouver des débouchés dans la défense, mais il jure bien qu'au grand jamais il ne travaillerait sur des contrats spécifiquement militaires.
On saluera, au choix, la probité morale du citoyen ou le raisonnement jésuitique de l'homme de science.
Vivian gateau :
En effet, encore une fois cette séquence est à mettre en rapport avec la suivante. La technique critique qui consiste à tirer des extraits hors de leur contexte ne sert qu’à nuire à la compréhension et à la nuance, faut-il le rappeler. En effet, cette séquence assez longue met en scène un chercheur pris dans ses propres contradictions et questionnements, preuve qu’il n’est pas facile pour les chercheurs de circonscrire leur responsabilité. Cette séquence ouvre la suivante qui présente un compte-rendu d’étudiants sur l’éthique du nanomonde. Les étudiants présentent alors le fameux argument couru du couteau. Les nanotechnologies sont un couteau qui peut tantôt couper la gorge tantôt couper le pain. L’étudiant finit par circonscrire leur responsabilité : “les chercheurs doivent informer sur les risques des nanotechnologies.”
Il me semble que si on suivait cette simple observation, la recherche changerait radicalement d’orientation, elle serait non pas tournée vers les applications dites progressistes, genre telephone portable, mais bien vers la connaissance et la préservation de notre environnement.
Petite note sur le débat à l’agent PMO, il se trouve que j’ai raconté une anecdote lors du débat que l’agent n’a vraisemblablement pas comprise ou pas entendue. Un chercheur m’a confié la manière dont se déroule les commissions d’attribution des budgets de recherché. Un groupe de chercheurs est réuni pour juger le projet qu’il présente, il finit son exposé quand une personne lui demande :”combien de temps supplémentaire va tenir mon telephone portable?” Question évidément navrante et montrant à quell point il ne faut certainement pas confier aux chercheurs les seules decisions en matière d’application. Il faudrait une refonte globale du système d’attribution des budgets des scientifiques.

Sur les risques sanitaires, il mentionne que ceux-ci n'ont rien de surprenant et existent déjà dans d'autres domaines, comme le nucléaire. Nous voilà rassurés.
Vivian gateau :
La comparaison avec le nucléaire est à charge contre les nanotechnologies, surtout lorsqu’il s’agit de risques sanitaires.

D'autres intervenants se montrent moins embarrassés : pour l'ingénieur de recherche en microscopie à force atomique, les débats sur les nanotechnologies sont surtout réservés aux philosophes et chercheurs en pré-retraite – aux vieux en somme, ou aux personnes étrangères à la recherche –, alors qu'eux, les gens du métier, ont mieux à faire : ils ont du pain sur la planche. Rires francs dans la salle.
Vivian gateau :
Oui rires francs. Quel est le sens de ce rire ? Evidement la façon qu’à de rejeter le débat ce jeune chercheur est risible mais elle n’en est pas moins inquiétante, le public le comprend très bien et choisi d’en rire pour ne pas en pleurer. Comme vous mêmes vous avez dû en rire, c’est ce que l’on fait en public dans nos sociétés peut-être un peu trop pudiques.

Moins de rires – aucun en fait – lors de l'interview du directeur de Minatec Jean-Charles Guibert. On apprend que Minatec a pour objectif principal de créer des emplois et d'attirer des « pointures internationales ». Se développer en somme. Pour quoi faire, pourrait-on se demander ? Il va sans dire que la question ne se pose pas dans un film commandé par le service com' de la recherche rhodanienne.
On a très bien compris que c'est pour créer de nouveaux objets plus performants – la question est d'ailleurs balayée d'un revers de manche à l'occasion d'une remarque ingénue du réalisateur : « Le consommateur moderne ne veut-il pas avoir un téléphone portable capable de traiter de la musique, de la photo ou de la vidéo ? ».
Si, bien sûr, il en a toujours rêvé.
Vivian gateau :
Alors là en effet, la question est ingénue et badine, le téléspectateur moyen doit évidément avoir la même reaction que monsieur l’agent et en douter fortement. Il est tout de même assez navrant de ce rendre compte de la suffisance intelectuelle de monsieur l’agent-double persuade qu’il est le seul à comprendre… Je me demande si sa formation professionnelle, que je subordore scientifique puisqu’il travaille dans un laboratoire de l’INSA, n’y est pas pour quelque chose. On lui a certainement tellement répété qu’il était l’élite scientifique de la nation, qu’il a peut-être fini par le croire…

Entre autres sujets qui fâchent, la pression foncière extravagante qu'engendre cette course aux grandes pointures dans le bassin grenoblois ne sera pas évoquée. D'ailleurs aucun ouvrier ou sous-traitant de Minatec ou du LETI ne sera interrogé sur ses conditions de rémunération et de logement. Sujets triviaux, ou bêtement locaux en regard des enjeux internationaux ? On n'est là que pour parler de (techno)science, pas de cuisine.
Vivian gateau :
J’avais prévu de parler de ce sujet que je ne trouve pas trivial du tout, cet aspect des choses était largement présent dans l’écriture du film, mais il faut malheureusement faire des choix en 52 minutes. Par ailleurs, ces problèmes ne sont pas spécifiques aux nanotechnologies, j’aurai pu aussi parler de la collusion plus que problématique entre les politiques et les chercheurs dans la région grenobloise mais je ne faisais pas un film sur Minatech, j’ai donc choisi de provilégier d’autres thèmes qui me paraissaient plus éclairer le grand-public sur le fond scientifique. D’autre part j’aurai pu parler de crolles et de la cata industrielle, mais pourquoi pleurer face au chomage que rencontrent les nanotechnologues français? Je ne vois pas bien le problème pour un antinanotechnologue

Un morceau de bravoure cependant : le commentaire hors caméra du directeur de Minatec au sujet de PMO, les soupçonnant d'être financés par la concurrence internationale. La main de Moscou ? A deux reprises au cours du débat, le directeur adjoint, Bruno Paing, se montrera quant à lui plutôt dubitatif vis- à-vis de cette accusation feutrée, ne se souvenant même pas de l'avoir entendue.
Mais arrêtons là, mieux vaut voir le film.
Vivian gateau :
Bien, juste quelques mots pour vous dire que le film et la séquence sur Minatech est amplement assez critique insistant lourdement sur le fait qu'ils soient avant tout tournés vers le profit et les applications assez sommaires voire ridicules : comme le stylo intelligent. L'accusation qui concerne PMO, qu'ils m'ont confié en off et que j'ai choisi de faire apparaître en in est largement assez absurde pour se retourner contre eux et cela absolument tout le monde l'a compris, du public que j'ai pu rencontrer, à la chaine et à la production. Je pensais même je l'avoue apporter de l'eau au Moulin de PMO.
Mais voilà dans le texte que j’annote ici, ce moment paraît être bien compris puisqu’il est ironiquement vu comme un morceau de bravoure, mais un morceau de bravoure cependant (peut-être plus courageux en effet que l’écriture d’un mail aussi anonyme que la balle de l’agent snipper), hors dans le texte qui présente le rapport de l’agent sur le site PMO il est inscrit ceci :
“Le 10 décembre 2008, celui-ci présentait son film, "Le nanomonde ou l’abîme", à une salle triée sur le volet et convoquée confidentiellement, à l’INSA, école d’ingénieur lyonnaise. Laquelle eut la primeur de ces révélations : non seulement le nanomonde a des ennemis (Pièces et Main d’œuvre, pour ne rien vous cacher), mais ceux-ci sont "financés", selon Jean-Charles Guibert, directeur de Minatec, par "la concurrence étrangère". Nous ne le savions pas. Mais Guibert et Gateau, eux, savent bien qui les paient. Il est vrai que dans le monde désintéressé de la pure recherche, on n’imagine pas de faire les choses gratuitement.”

Et cet acharnement sur mon compte c’est gratuit? Alors là les bras m’en tombent, le Bureau de PMO n’a pas bien lu le rapport de l’agent?

Je dirais même que ce grand et magnifique morceau de bravoure aurait pu éclairer nos chers amis sur mes intentions et mon degrés d’indépendance. En effet comment imaginer que l’industrie nanotechnologique dans son ensemble mandatant le PRES pourrait laisser passer de telles séquences dans un film de commande.

Ayant envoyé à PMO les premiers elements de ma critique de leur critique voici leur réponse :

Bonjour,

Nous transmettons vos deux messages à l'auteur de la critique
cinématographique. Charge à lui de vous répondre s'il le souhaite.

Salutations,
PMO

Vivian gateau :
Waoo quel soutien de leur agent ça fait peur la solidarité, on se sent soutenu par le bureau quand on est agent PMO, l’agent devient d’ailleurs auteur de la critique cinématographique et plus leur agent… Faut-il rappeler à PMO que le papier s’attarde plus sur le débat que sur le film, qui a été lu totalement à l’envers partant que principe qu’il était une commande pro-nano, et je répète que ce point de depart est totalement faux et absurde. Ce qui fait de cette critique de l’agent PMO un tissu de contre-sens et de préjugés.

Sinon je n’ai toujours pas reçu de réponse à ce mail:
“Bonjour,

bien sûr merci de lui transmettre, je prépare un autre texte beaucoup plus détaillé celui-ci reprennant point par point son rapport et votre petit texte me présentant. Donc à suivre, je compte bien répondre sur chacun des sites sur lesquels sont présents le rapport de votre anonyme agent.

Il me semble qu'il n'est pas le seul à devoir me répondre notamment sur ce point et de toutes façons vous êtes responsable du contenu de votre site internet.

extrait du rapport :
Un morceau de bravoure cependant : le commentaire hors caméra du directeur de Minatec au sujet de PMO, les soupçonnant d'être financés par la concurrence internationale. La main de Moscou ? A deux reprises au cours du débat, le directeur adjoint, Bruno Paing, se montrera quant à lui plutôt dubitatif vis- à-vis de cette accusation feutrée, ne se souvenant même pas de l'avoir entendue.
Mais arrêtons là, mieux vaut voir le film.
Bien, juste quelques mots pour vous dire que le film et la séquence sur Minatech est amplement assez critique insistant lourdement sur le fait qu'ils soient avant tout tournés vers le profit et les applications assez sommaires voire ridicules : comme le stylo intelligent. L'accusation qui concerne PMO, qu'ils m'ont confié en off et que j'ai choisi de faire apparaître en in est largement assez absurde pour se retourner contre eux et cela absolument tout le monde l'a compris, du public que j'ai pu rencontrer, à la chaine et à la production. Je pensais même je l'avoue apporter de l'eau au Moulin de PMO.
Mais voilà dans le texte que j’annote ici, ce moment paraît être bien compris puisqu’il est ironiquement vu comme un morceau de bravoure, mais un morceau de bravoure cependant (peut-être plus courageux en effet que l’écriture d’un mail aussi anonyme que la balle de l’agent snipper), hors dans le texte qui présente le rapport de l’agent sur le site PMO il est inscrit ceci :
“Le 10 décembre 2008, celui-ci présentait son film, "Le nanomonde ou l’abîme", à une salle triée sur le volet et convoquée confidentiellement, à l’INSA, école d’ingénieur lyonnaise. Laquelle eut la primeur de ces révélations : non seulement le nanomonde a des ennemis (Pièces et Main d’œuvre, pour ne rien vous cacher), mais ceux-ci sont "financés", selon Jean-Charles Guibert, directeur de Minatec, par "la concurrence étrangère". Nous ne le savions pas. Mais Guibert et Gateau, eux, savent bien qui les paient. Il est vrai que dans le monde désintéressé de la pure recherche, on n’imagine pas de faire les choses gratuitement.”

Et cet acharnement sur mon compte c’est gratuit? Alors là les bras m’en tombent, le Bureau de PMO n’a pas bien lu le rapport de l’agent?

Je dirais même que ce grand et magnifique morceau de bravoure aurait pu éclairer nos chers amis sur mes intentions et mon degrés d’indépendance. En effet comment imaginer que l’industrie nanotechnologique dans son ensemble mandatant le PRES pourrait laisser passer de telles séquences dans un film de commande.

Comment expliquez-vous ceci?

Salutations”



Voilà donc toujours pas de nouvelles :
Apparament, la technique PMO est simple, on tape, on calomnie et on réfléchit après, enfin si on a le temps et puis tant pis pour ceux que l’on insulte, ils n’avaient qu’à pas exister! Et surtout pas d’erreur possible dans leur jugement... J’attends la suite…


On peut arguer que le documentaire n'avait pour objet que de donner la parole aux acteurs des nanotechnologies et à quelques-uns de ses détracteurs, de manière à brosser rapidement un tableau de ce domaine mal connu du grand public, et de mettre en évidence les espoirs et craintes qui y sont associées.
Vivian gateau :
Ah bah oui ça oui on pourrait arguer ça, c’est en effet en gros le projet

On peut aussi regretter que ce ne soit pas l'œuvre d'un journaliste ayant approfondi son sujet, mais d'un cinéaste attendant que ses interlocuteurs le fassent à sa place.
Vivian gateau :
En effet, je ne suis pas journaliste mais bien cinéaste, aussi mauvais cinéaste que l’on peut l’être mais faudrait-il peut-être saisir la différence, non?

On termine en tout cas avec un objet bâtard,
Vivian gateau :
Première remarque sur le choix du mot bâtard. En effet d’après L’agent PMO mon film n’est pas de sang pur, c’est un sale bâtard parce qu’il présente les arguments des deux camps. L’idée que le film soit une sorte de débat contradictoire est pour l’agent PMO une ineptie et une source de batardise. Génial, on se sent entre démocrate c’est chouette. Mais peut-être a-t-il des idées pour rendre plus pur le débat, ah oui la calomnie et l’affabulation pas mal ça, merci l’agent PMO !!
Mais passons le fantasme de pureté de notre agent, et allons un peu plus loin sur le côté un peu flou et lacunaire des interlocuteurs, car c’est en effet ce qu’est le nanomonde : flou et lacunaire. Le fait que je mette en lien l’avis du critique de science-fiction et du dernier prix nobel de physique (haute personnalité scientifique s’il en est) dans la voix off suivante : “Finalement ; le prix nobel et l’auteur de science-fiction paraissent avoir les mêmes informations : un risque se dessine du côté des nanoparticules.” souligne le fait que les scientifiques même les plus performants n’ont qu’une information très vague sur les autres secteurs de recherche.

truffé de vagues avis de chercheurs subventionnés par des contrats,
Vivian gateau :
La question des contrats est exposée clairement par l’étudiant à la fin du film et n’est absolument pas laissée sous silence. Quant aux vagues avis je suis assez d’accord, les chercheurs ne passent malheureusement pas assez de temps a réfléchir sur les pratiques, d’où d’ailleurs un accueil de mon film plus que mitigé par les chercheurs.

de décideurs politiques et industriels,sans plus de recul critique
Vivian gateau :
Faut-il comprendre que vous êtes le seul détenteur du recul critique ? si c’est le cas je m’incline monsieur l’agent.

que celui d'un écrivain de science-fiction – avec tout le respect qui lui est dû car son intervention est peut-être la moins sotte,
Vivian gateau :
Merci pour lui, il en sera très honoré, sachez tout de même que c’est moi qui suis aller le chercher, et ce n’est évidement pas Minateh qui m’a donné son numéro pas plus que celui de l’ethnologue

avec celle de l'ethnologue...
Vivian gateau :
de même Madame Cerqui vous en sera reconnaissante. Petite parenthèse pour dire quand même qu’il aurait été bon de développer un peu plus votre rapport sur cette séquence qui représente 10 pour cent du film et qui développe largement le thème de l’amélioration de l’homme, reprise ensuite par le politique. Mais j’invite les lecteurs à regarder le film, ce que vous n’avez certainement pas fait avec le bon recul critique….

Bref, un produit inoffensif que l'on imagine conforme à un cahier des charges tacite, tout à fait adapté à la diffusion sur une chaîne de vulgarisation institutionnelle.
Vivian gateau :
Alors là il faudrait savoir, inoffensif ou objet de propagande, il me semble qu’il y a une différence. Et comment se fait-il qu’un produit si inoffensif déchaîne autant de mépris pour son auteur ? Je me demande ici si vous n’auriez pas été emporté par votre plume, monsieur agent PMO. Il règne, excusez-moi pour cette petite appartée psychanalytique, dans votre rapport une ambiance de reporter frustré, une volonté de faire du style, d’en mettre un peu plein la vue avec des formules glanées au fil de vos lectures et de vos visionnages télévisuelles. On sent une volonté de faire de l’esprit critique à la mode, à la manière des magazines People. Une petite Vacherie par là, une invention par là, un présopposé par dessus et une accusation sans fondement en guise de crème. Je déteste ça cordialement monsieur l’agent PMO.

Revenons sur le début du film. On l'apprendra à la fin du débat, le mail de départ adressé par erreur n’a jamais existé. Il s'agit d’une invention scénaristique véhiculant l’idée d’une enquête fortuite, motivée par la curiosité. On imagine aisément qu’une introduction plus factuelle aurait d’emblée affadi le propos. Imaginez : « Ce film est une commande du PRES de Lyon, fédération d'organismes de recherche, sur la vulgarisation des nanotechnologies. Je vais donc le faire. »
Vivian gateau :
J’ai déjà parlé plus haut du financement et de la commande. Cette information fausse paraît être le pilier de la critique.

Vraiment, non.
Dans le film, le réalisateur ne présente que quelques mots de sa demande d'interview adressée à PMO (en substance « Je souhaiterais vous rencontrer pour en savoir plus »). La réponse des intéressés semble laconique et exagérément méfiante : « ...nous ne participons qu'à des films contre et non pas sur les nanotechnologies » – encore une fois, l'intonation du narrateur importe.
Vivian gateau :
L’intonation en effet est importante mais elle ne fait pas tout

Renseignement pris auprès de PMO, Vivian Gateau a d'emblée précisé dans son mail l'objet de son film ainsi que son origine.
Vivian gateau :
Oui absolument c’est mon habitude de ne pas avancer masqué…

A la demande de rencontre de V. Gateau, Pièces et Main d'œuvre a précisément répondu par deux mails :
Le 25/10/07 : "Vous êtes le bienvenu si vous voulez utiliser nos informations, nos sources, nos textes, et nous citer.
Vivian gateau :
Oui c’est ce que j’ai fait, je les ai cité, j’ai utilisé leurs informations. Mais d’ailleurs puisque vous en parlez, depuis quand dois-je avoir l’autorisation d’un groupe publique pour parler de lui et utiliser leurs informations publiques ? J’avoue avoir été un peu gêné par cette autorisation. Même si PMO m’avait demandé de ne pas parler d’eux je l’aurai fait.

Nous rencontrons souvent des journalistes qui souhaitent une information de fond sur la critique des nanotechnologies.
Vivian gateau :
Vos articles en suffisent pas ?

Ceci dit nous ne participons qu'à des films contre et non pas sur les nanotechnologies. Cordialement, PMO"
Le 5/11/07 : "Avant tout voici en pièces jointes deux textes de fond sur les nanos
Vivian gateau :
Je les ai lu avec intérêt

(disponibles sur notre site, mais celui-
ci est en panne ces jours-ci). Quand vous les aurez lus, s'il vous reste des questions, dites-le nous. Cordialement, PMO"
Doit-on alors s'étonner de la réaction de PMO, l'invitant d'abord à se renseigner sur son site ?
Vivian gateau :
Absolument pas mais il était évident que si je les contactais pour les rencontrer c’est que j’avais déjà pris connaissance de leur site, non? Et après deux ou trois relances de ma part pour un tournage j’ai compris qu’aucun représentant de PMO ne parlerait à visage découvert. Chose que je respecte. Mais je n’avais pas besoin de plus d’information que ce que le site me donnait et leur mail me donnait. Si javais su que la proposition “s’il vous reste des questions dites le nous” était un ordre, j’aurais obéi monsieur l’agent. Mais j’ai renvoyé un autre mail expliquant que j’aimerai réalisé une interview filmé qui n’a jamais eu de réponse…

Doit-on déplorer qu'ils n'aient pas souhaité y participer ? Peut-être, mais au visionnage du film on peut le redouter le traitement qui aurait été donné à leur propos.
Vivian gateau :
Peut-être pas ? Qui sait, vous vous savez djà apparement ? Les members secrets de PMO auraient peut-être compris que mes intentions étaient louables et ça leur aurait évité de faire confiance à un agent défaillant et de surcroît de mal lire son rapport…

Quoi qu'il en soit, le réalisateur aurait gagné à se documenter davantage, de façon à poser des questions un peu plus intéressantes à ses interlocuteurs.
Vivian gateau :
Que les questions que je pose ne vous intéressent pas est bien évidemment incontestable mais que savez-vous sur ma documentation monsieur l’agent?

N'étant pas membre de PMO
Vivian gateau :
il est pourtant évident que vous faites partie de PMO, puisqu’il vous appelle leur agent, je ne vois pas bien pourquoi vous vous défendez d’y appartenir. Enfin laissons cela je me fous totalement de vos difficultés à vous assoir entre deux chaises, même s’il témoigne bien de la difficile condition de l’agent-double.


, je n'argumenterai pas sur ce point. Néanmoins, un cas semblable (Le téléphone sonne, sur France Inter) a déjà été discuté sur le site.
Vivian gateau :
Cas qui ne me concerne pas. Manière tout à fait subtile de créer de l’amalgame monsieur l’agent, bien joué, je vois que vous êtes rodé à des techniques de policier.


Débat !
Les quatre intervenants sont sur l'estrade. Les questions posées s'adresseront donc généralement aux quatre à la fois. Ceux-ci ne manqueront pas non plus de se répondre les uns les autres. Ce dispositif limite considérablement le nombre de questions posées par le public, et permet aussi aux questions gênantes d'être plus facilement éludées. Heureusement elles seront peu nombreuses.
Vivian gateau :
D’ailleurs avez-vous posé une question gênante ? Etait-il si difficile de contourner ce prétendu dispositif? Apparement, non, puisque des questions que vous avez trouvées génantes ont été posées, non?

Abdelkader Souifi commence par quelques questions à Vivian Gateau. Est-il un citoyen curieux, ou inquiet ? Voyons, les deux mon général ! Vivian Gateau est « vigilant ». N'est-ce pas ce qu'on exige aujourd'hui du citoyen ? Cela dit, je lui souhaite de disposer d'armes critiques plus affûtées que ses réflexions badines égrenées au cours du film et du débat s'il entend vraiment faire usage de sa vigilance.
Vivian gateau :
Je prends note et apprend énormément à votre contact…

On a en tout cas la révélation d'un talent d'amuseur public, adoptant volontiers des mimiques à la Coluche pour détendre l'atmosphère (les poings sur les hanches, faisant mine de s'exaspérer : « Mais enfin, je peux répondre à la question oui ou non ? »).
Vivian gateau :
Attaque tout à fait personnelle qui n’a pas suffit, j’en suis sûr à écorner votre sens critique sur mon travail. Mais l’agent PMO a raison je suis très amuseur public, je le confesse sans honte. Je pense que le rire peut permettre de faire passer beaucoup de choses. Mais l’agent PMO le pense aussi puisqu’il égrène son rapport ici ou là de petites blagues…

Il interviendra malgré tout assez peu,
Vivian gateau :
Ouf, moi qui pensais avoir trop parlé, me voilà rassuré

en comparaison de Bruno Paing, surtout, et de Bernard Reber et Guy Hollinger, apparemment moins rompu en communication que son coreligionnaire de Minatec.
Tour de table.

Bruno Paing reprend l'argumentaire de son supérieur hiérarchique interrogé dans le film :
quel mal y-a-t'il à créer des emplois et à améliorer la compétitivité de la recherche et des entreprises françaises ? Et de déplorer, chiffres à l'appui, le déficit de brevets déposés par les équipes françaises par rapport aux équipes concurrentes, alors que le nombre d'articles publiés sur les nanosciences est comparable. Minatec est donc là pour y remédier.
Vivian gateau :
Argument largement critiqué dans le film, mais quand on ne veut pas voir on ne voit pas!

Au sujet des risques sanitaires, on apprend une fois de plus que les nanoparticules sont déjà présentes partout. Voyez-vous, même les Grecs en utilisaient pour faire des pigments.
Vivian gateau :
Argument en effet totalement inopérant, le sens critique d’un nouveau né suffirait à y voir clair.

Bernard Reber, ordinateur portable ouvert posé sur les genoux, livre quelques réflexions assez pertinentes. Il met d'abord en perspective la parole des chercheurs interrogés sur les risques sanitaires, en espérant que ceux-ci ne soient dans 20 ans aussi ridicules que ceux qui officiaient dans le Comité Permanent Amiante. Il mentionne aussi la disproportion flagrante entre les promesses faramineuses des nanotechnologies et l'imprécision sur les risques. Ensuite, « concernant la question des applications des recherches, ce qui ressort de l'approche « bottom-up », c'est finalement que les chercheurs mettent à jour des phénomènes, et qu'ensuite seulement les industriels se demandent qu'en faire. C'est la réponse à un problème que l'on ne s'était pas posé, en somme. Alors que des problèmes, on en connaît déjà, comme le SIDA et la faim en Afrique. »
Vivian gateau :
J’ai d’ailleurs appuyé sur cette question. Les applications sont souvent imaginées par des scientifiques (voire l’anecdote sur l’attribution des budgets) dont ce n’est pas le travail. Ce qui donnent des résultats navrants comme les fenêtres auto nettoyantes et le stylo intelligent.
Ce qui m’a valu une charge de Minatec :” vous êtes mal renseigné il y a plein de choses sur la manière de rafiner le pétrole et faire moins polluant
Ce à quoi j’ai répondu : “ ce n’est pas moi qui ai demandé au directeur de Minatec de me parler de stylo intelligent
Minatech m’accusant de ne pas faire de la propagande pronano aurait peut-être dû alerter l’agent PMO sur nos liens, mais bon encore un problème de recul critique…

Hélas, peut-être aura-t-il été émoustillé par l'ambiance bon enfant que distille l'amuseur Gateau, ses interventions suivantes seront moins incisives.
Vivian gateau :
En effet, j’ai un tel talent de comédien que les penseurs autour de moi se taisent. Mais l’agent n’a pas tord, mon voisin a confirmé que l’humour était efficace en matière de prévention. Peut-être plus qu’une charge violente et cadensée aux pas à la manière de quelques orateurs dogmatiques d’un autre âge. En fait je crois qu’ici réside aussi la différence entre PMO et moi.

Pour le reste, la plupart des questions du public tournent autour du risque sanitaire.
Un écologue intervient, rappelle que sa branche de recherche, la première concernée par les questions liées à la dissémination des nanoparticules, est paradoxalement la moins financée par l'Etat.
Vivian gateau :
Et là la police est intervenue, menottant tout le monde. En nous passant dees lasers dans les yeux pour effacer nos mémoires. C’était extra ! moi je m’en rappelled parce que je fais partie de leur bande. Mais non rassuerz-vous les amis, le dispositif n’atait pas complet ce jour, on avait pas l’appui des forces spéciales, la question gênante et l’intervention (que j’ai trouvé très bonne, blague mis à partà n’ont pu être évitées , damned !

La finalité des nanotechnogies, de la technique en général, ne sera jamais abordée de front, sauf par un intervenant.
Vivian gateau :
Jamais sauf par un, c’est pas très clair votre rapport…

Celui-ci se demande s'il existe vraiment une demande sociale à l'origine de ces recherches.
Vivian gateau :
Cette question ne trouve pas de réponse désolé. Qu’est-ce qu’une demande sociale? Est-ce que la vectorisation des médicaments qui permettraient une avancée en matière de traitement du cancer est une demande sociale, est-ce la miniturisation des cameras qui garantirait une meilleure maîtrise d’une société sous hyper-contrôle? Vue les tournures que prennent les elections, la seule demande sociale identifiable est certainement la sécurité ( theme développé dans la sequence du train et du message ) sous toutes ces formes, police, chomage et santé, personne ne veut mourir dans un nuage de nanoparticules.


Je vois un élève-ingénieur assis près de lui froncer les sourcils. L'effort intellectuel est perceptible. Il n'est pas donné de réponse directe à sa question. En guise de consolation, Bruno Paing assure qu'à Minatec on ne cherche pas au hasard : il y a un dialogue constant avec les industriels. C'est la deuxième fois dans la soirée que je suis rassuré.
Vivian gateau :
Moi non plus je ne suis pas rassuré par le comportement et les déclarations de Minatec.
Par exemple dans le film , cette voix off y fait référence après la visite du politique, si l’agent ne sait pas regarder un film peut-être sait-il lire ? :

On m’assure que l’on va tout faire pour associer le citoyen aux réflexions éthiques, mais bon je ne suis qu’à moitié rassuré. Ce qui m’inquiète : c’est que les investissements mondiaux pour garantir notre sécurité sont ridiculement petits. Même si je ne suis pas dupe, on m’a parlé plus d’éthique que de développement économique et d’emploi, c’est déjà ça.”



Question d’une personne que je présume être un élève-ingénieur : « Peut-être que j’ai mal compris, mais quel est le problème ? C’est une technologie comme une autre, les chercheurs cherchent, les philosophes réfléchissent (nouveaux rires dans la salle à cette évocation) et le journaliste dénonce, c’est normal. » C'est le moment où j’hésite entre la consternation et la rigolade.
Vivian gateau :
Moi j’avoue ne pas avoir rigolé à ce moment là ( petit doute tout de même l’intervention était, il me semble, beaucoup plus sèche et moins romancé que veut bien le relater l’agent PMO, il n’était pas question de “le journaliste dénonce c’est normal” ajout romantique de l’agent PMO d’autant plus étrange qu’il s’évertue dans son rapport à prouver que ce film ne dénonce rien et ne fait que contrer les arguments des anti-nanotechnologues, vraiment très étonnant…
Dans mon souvenir qui date d’un mois, c’était plus : “en fait je vois pas où est le problème.” )
J’ai donc rappelé à ce moment là au milieu d’un petit tumulte d’où la raison pour laquelle l’agent PMO n’a peut-être pas entendu (recul critique oblige) que deux problèmes majeurs étaient la prolofération et les risques sanitaires des nanoparticules et l’utilisation des nanotechnologies comme moyen d’amélioration de l’être humain.

Bruno Paing, en revanche, a choisi son camp et a bien saisi toute l'innocuité de la question ; il trépigne de satisfaction sur son siège : « C’est une très bonne question ! » Et de lui expliquer, en substance, que les dangers de cette nouvelle technologie doivent bien entendu être encadrés, et que passée cette précaution, tout continuera à ronronner dans le petit monde de la recherche.
Quant à Vivian Gateau, il précise que son film n'est pas une dénonciation des nanotechnologies.
Vivian gateau :
Non ce n’est pas un film contre une technologie mais plutôt contre les dérives des nanotechnologues, qui justement veulent enfermer la critique à leur encontre dans la discutable opposition à une technologie. D’où mon intention de désamorcer cet argument en n’affichant jamais une opposition de principe. Mais quel est le titre du film "le nanomonde ou l'abîme ". Mais il n'y a pas de point d'interrogation dites-moi, m'a retorqué un chercheur, je lui ai dit avec mes deux mains sur les hanches, comme la pâle copie d'un mauvais Coluche, pose que j'affectionne particulièrement parce qu'elle me rappelle mon père: "bah non, y'a pas de point d'interrogation ! " un abîme est un trou sans fond, qui ne reflète que nos propres fantasmes, positifs ou négatifs. Mais la plupart du temps dans notre société assez négatifs.

Peut-être se réserve-t-il l'opportunité de travailler à nouveau pour le PRES de Lyon au sujet des OGM ou d'ITER.
Vivian gateau :
Encore une attaque personnelle totalement infondée et abusive, décidément quel style! Est-ce ce genre de choses que vous auriez aimé voir dans mon film ?

Il prend d'ailleurs soin d'affirmer qu'il est désormais « amoureux des nanotechnologies ! ». Rires dans la salle, bien sûr. Tout ça pour ça.
Vivian gateau :
Il s’agissait évidemment de second degré mais cela tout le monde l'a compris dans la sale, sinon personne n’aurait ri!...

Le mot de la fin, après la question posée au sujet des échanges de mails avec PMO, est réservé à un invité surprise dont je ne me rappelle malheureusement pas le nom. Délicieuse impertinence, il pose une question au public : un sondage effectué auprès des ménagères américaines leur demandait « Si vous aviez le choix entre vous passer du four micro-onde ou du téléphone portable, que choisiriez-vous ? ».
Bigre, ce n'est pas une question, c'est un koan.
Vivian gateau :
Ho ho monsieur l’agent se lance dans les réflexions badines et humoristiques… il parle même le japonais, c’est très bien ça… Si j’utilisais ses arguments je dirais que c’est pour mieux se jeter dans la compétition scientiste internationale et prouver ses qualités sur le très porteur marché japonais des nanotechnologies.

Les sondées étaient manifestement indécises.
Et le public, qu'en pense-t-il, lui ; de quoi est-il prêt à se passer ?
Introspection. Le directeur adjoint de Minatec, lui, n'y tient plus : « De rien, et on en redemande ! » exulte-t-il, tandis que Vivian Gateau acquiesce avec gourmandise.
Vivian gateau :
Il s’agissait évidement de second degré mais cela tout le monde l'a compris dans la salle... Sauf peut-être votre agent qui décidément a du mal avec le second degré, pourquoi former vos agents à ne pas rire quand les autres rient ?

Hélas non, le débat ne s'est pas achevé sur cette note divertissante, mais sur une espèce de consensus tiède autour de l'inéluctabilité du progrès technique et de la nécessaire vigilance citoyenne le suppliant d'être raisonnable, comme le demandent à un adolescent brutal des parents désemparés.
Citoyen n°1 68 02 75 207 451 90
Lyon, le 18 décembre 2008
Vivian gateau :

Belle image l’enfant brutal et les parents désemparés… Mais qu’y a-t-il derrière l’image ? Que faudrait-il faire alors devant cet enfant, mais bien sûr, si je comprends bien l’activiste et son action, une bonne baffe dans la gueule anonyme, la nuit, comme ça quand il ne s’y attend pas, comme ça, ça le marquera une bonne fois pour toutes. Pas de dialogue, pas de délibération. Et si quelqu’un, un voisin, un ami vient et propose le dialogue, vous le traitez de tous les noms, vous racontez des conneries sur lui, qu’il vend son âme au diable, que c’est un bâtard par exemple, ça devrait être pas mal comme ça. L’enfant finira bien par rentrer dans le droit chemin.

Peut-être devrais-je vous préciser aussi ce que votre agent a omis d'écrire, c'est que Minatech pense et dit que c'est un film contre les nanotechnologies, le responsable com présent l'a d'ailleurs dit lors du débat. On ne peut pas dire que mon film lui ait plu et croyez-moi, il ne devrait pas me confier la captation de leur arbre de Noël, chose évidemment je n'ai jamais faite et ne ferait jamais pour quelque entreprise que ce soit ...
Alors me voilà bien embêté, dirais-je avec la bonhommie amusée et parfois navrante qui me caractérise ! Conchié par les anti, méprisé par les pros ! C'est à croire que je suis incompris, argh que je souffre ! Mais non en réalité, je suis bien compris, je ne suis d’accord ni avec l’un ni avec l’autre camp. Je ne pense pas qu’il faille fermer les yeux sur les risques et nous diriger béatement vers le pseudo avenir radieux que nous promet les nanotechnologues, mais je ne pense pas qu’il faille arrêter les recherches, il faut réorienter radicalement la recherche sur les risques. C’est d’après PMO un positionnement mou et débile, et pour Minatech une ineptie industrielle conférant à l’obscurentisme.
Petite remarque encore même si je pense avoir passé un peu trop de temps à tout ça tant je pense qu’il y a chez l’agent PMO une vraie malhonnêteté intelectuelle, et je m’excuse d’emblée des remarques répétées à son encontre dans cette réponse mais j’avoue ne pas pouvoir contenir ma colère. La lecture ne doit pas en être si drôle mais je trouve assez dégueulasse la manière dont je suis traité, par l’agent secret et aussi par PMO qui là ne fait pas preuve de grande clairvoyance. Je ne dis pas que c’est toujours le cas, mon intention n’a jamais été de les discréditer mais j’avoue que là ils sont très mauvais.

De l’agent double: rappelons-nous que l’agent de PMO incognito est un agent double, travaillant dans un laboratoire de l’insa, il est aussi un activiste anti-nanotechnologique masqué. Je comprends bien sûr l’excitation de l’anonymat et la trépidation du snipper mais j’ai un doute profond sur la pertinence de son positionnement. Mon film présente certains doutes quant aux applications et aux recherches, ces doutes ne sont pas levés par la prise de parole des scientifiques en matière de précaution. Pourquoi devrais-je faire plus confiance à un chercheur parce qu’il est masqué ? Désolé mais j’ai tous les doutes du monde sur la distance critique des chercheurs sur la science quels qu’ils soient, masqués ou non.

Merci à tous les sites qui voudront bien diffuser cette réponse

Cordialement
Vivian Gateau

Vivian Gateau 25/01/2009 16:07

Bonjour
comme vous avez diffusé sur votre site la critique d'un agent de PMO sur mon film. Peut-être pourriez-vous diffuser ma réponse?
Cordialement
Vivian gateau
Les nanos font leur cinéma
Mercredi 10 décembre a eu lieu à l'INSA de Lyon la projection du film "Le nanomonde ou l'abîme". Il s'agit d'un documentaire réalisé par Vivian Gateau sur les nanotechnologies. Travaillant dans un laboratoire de recherche de l'INSA, je m'y suis rendu, pas tant pour voir le film, que j'avais déjà visionné sur le site de la webTV de la fac de Lyon, que pour assister au débat qui le suivait1. L'affiche était en effet prometteuse.
La salle est aux trois-quarts remplie. Pas de surprise, une grande majorité du public est constituée par des élèves-ingénieurs, en grande partie des garçons, ainsi que par quelques personnes plus âgées dont certaines sont leurs professeurs. Il faut dire que la projection n'avait été annoncée que sur la lettre électronique de l’INSA. Clins d'oeil, sourires, salutations discrètes, on peut parler d'un climat de connivence. On se doute aussi qu'on n'assistera pas à Hernani.
L’idée sous-jacente ici est que le public a été trié sur le volet. Pourquoi s’il s’agissait d’un film de propagande pro-nano le PRES aurait-il voulu restreindre son impact en organisant des projections confidentielles? J’avoue ne pas bien comprendre la logique. D’autres parts, la projection a été organisée par Abdelkader Souifi, qui m’a à plusieurs reprises confié son désarroi face à la lenteur du service com de l’insa à véhiculer l’information.
Les invités sont le réalisateur, Vivian Gateau, auteur d'une vingtaine de documentaires sur divers sujets Culturels
Si l’agent avait fait un peu mieux son travail, il aurait cherché à savoir quelle était ma filmographie, il se serait aperçu alors que j’ai réalisé au hasard :
une collection sur les politiques culturelles qui s’atelait à critiquer les politiques-vitrines culturelles et le manque cruelle de moyens,
un documentaire sur radio Canut, la radio libertaire de Lyon
un documentaire sur la parole politique des artistes contemporains
un documentaire sur l’humanisme version lyonnaise insistant sur le combat des canuts
un documentaire sur les tags qui s’évertue à donner des clefs de compréhension au grand public de cet art de la contestation
Bref des films plutôt orientés et certainement pas un parcours qui m’amènerait à me jeter dans les bras de l’industrie nanotechnologique.

, Bernard Reber, philosophe de l'université Paris V spécialisé dans l'étude des concertations
entre scientifiques, industriels et société civile, Bruno Paing, l'avenant directeur adjoint de Minatec et Guy Hollinger, Directeur de l’Institut des Nanotechnologies de Lyon. Abdelkader Souifi, chercheur à l'Institut des Nanotechnologies de Lyon et conseiller scientifique du film, est le modérateur du débat. On est en famille, Bernard tutoie Abdelkader.
C’est en effet le cas, Bernard connait Abdelkader. Abdelakader qui trouve que Bernard fait du bon travail l’invite donc à cette discussion. Bernard accepte et fait une critique virulente et constructive des nanotechnologies à chacune de ses interventions lors du débat. Vous comprennez certainement qu’Abdelkader est un chercheur très ouvert sur le débat et il a même des connaissances même des amis tels que Bernard qu’il tutoie.

Celui-ci commence par préciser que le film a été réalisé à la demande du PRES de Lyon (le PRES, Pôle de Recherche et d'Enseignement Supérieur, regroupe une vingtaine d'établissements de recherche et formation, fac, écoles d'ingénieurs, à Lyon et Saint-Etienne ; son objectif est d'assurer une visibilité internationale à la recherche en Rhône-Alpes). Il s’agit donc d’un film de commande ayant pour mission de vulgariser les nanotechnologies.
Qu'en retenir ?
Je tenais tout de même à vous dire que je ne suis pas payé par le pres et que je ne cours absolument pas après quelconque financement de la branche scientifique, le film a été financé par le CNC et une chaîne de télévision du Câble régional, Capcanal, chaîne de l'éducation et de la ville de LYON dirigé par Philippe Meirieu, pédagogue engagé qu'on ne peut certainement pas accusé de collaboration avec les grandes firmes scientistes. De plus, ce n'est pas un film de commande, mais bien un film d'auteur, aussi mal fagoté soit-il... Pour être tout à fait clair, une liste de 10 films m'est proposé dans le cadre de cette série et ensuite si je l'accepte, je fais ce que je veux d'où son financement par le CNC comme film d'auteur.
Ce thème m'intéressait particulièrement pour mettre en évidence les dérives scientistes, ce que j'ai essayé de faire relativement finement peut-être un peu trop...
Un conseiller scientifique m'est alors proposé, c'était Abdelkader Souifi chercheur à l'INSA. Ce conseiller scientifique m'a laissé absolument libre de mes propos, il n'avait d'ailleurs absolument pas le pouvoir de m'interdire quoi que ce soit. Son rôle s'est cantonné à vérifier l'exactitude des renseignements purement scientifiques présent dans le film comme l'animation de la vectorisation des médicaments par exemple ou les noms des gaz utilisés dans la création des nanotubes de carbone... Mais il n'a jamais eu un mot sur le contenu du film.

Il s’agit, selon la description donnée sur le site, de l’enquête d’un « jeune citoyen curieux » dans le monde mal connu des nanotechnologies. J’en décrirai surtout le début, une petite manipulation narrative révélatrice du ton général du film.
Manipulation est un terme choisi avec finesse… Bien permettez moi d’éclairer un peu l’agent PMO sur la lecture d’un film. Cette manipulation où mène-t-elle? Et bien comme très souvent dans une narration le début est à mettre en rapport avec la fin. Cette invention scénaristique de haut-vol dévoile son but à la fin où il est question de l’accident technologique, car au delà de toute autre considération liée à la sécurité et l’évaluation des risques, il me semble que l’idée de l’accident est incontournable.
“Je suis tombé dans le nanomonde à cause d’un courrier électronique mal dirigé, une erreur informatique. L’erreur technologique existe donc et si l’on compare souvent les nanotechnologies au nucléaire, nous avons tous en tête Tchernobyl et ses ravages. Quelle forme prendrait alors l’accident nanotechnologique , une propagation de nanoparticules, une société cybernétique déshumanisée ? Hier les yeux braqués vers les étoiles aujourd’hui plongés dans l’infiniment petit, la science a toujours avancé à tâtons et nous a même inculqué cet esprit du doute. Tout en continuant la recherche, il est de notre responsabilité à tous de cultiver ce doute à tous les niveaux, pour faire en sorte que le nanomonde, porteur de nombreux espoirs, ne devienne un abîme pour les générations futures.”
Voilà donc ma conclusion que je sais jugée très crétine par PMO.

Le point de départ de l’enquête est la réception d’un mail de Pièces et Main d'œuvre adressé « par erreur» au réalisateur, l’invitant à découvrir les « nécrotechnologies » sur son site2. Suivent quelques images du site, agrémentées de commentaires circonspects : « Apparemment, les nécrotechnologies sont un petit nom sarcastique donné aux nanotechnologies. » Il faut avoir vu ce film, il faut l'avoir entendu
surtout, pour sa narration virtuose jouant avec un égal bonheur sur les registres de l'inquiétude, de l'impertinente naïveté, de la suspicion ou de l'ironie. Un grand bravo à Vivian Gateau pour le choix de son récitant.
Merci mais ce n’est pas moi qui l’ai choisi. C’est une série documentaire donc c’est le producteur qui a choisi le récitant, et d’ailleurs contre mon avis….

Avec ce « petit mot sarcastique » on est les deux pieds dans l'ironie. Suit une liste de quelques titres, « Nanotechnologies, maxiservitude », « rêve ou cauchemar ? », « nouvel âge d'or ou apocalypse ?» ponctuée par un « mouais » dubitatif, derrière lequel soin est laissé au spectateur de s'imaginer tout une diversité de réflexions (registre de la suspicion). Subit accès de perspicacité, le réalisateur note que le nanomonde n'a pas l'air d'être un « territoire très serein » (registre de l'inquiétude). Il répond donc à PMO, et lui demande de lui accorder une entrevue.
Et bien en matière de sarcasme je vois que je n’ai rien à vous apprendre. Les termes PMO sont sarcastiques d’ù effectivmeent
Réponse de PMO : « ...nous ne participons qu'à des films contre et non pas sur les nanotechnologies ».
Oui c’est drôle non? En fait ça fait rigoler tout le monde votre réponse, certainement pas votre positionnement antinano qui force le respect mais le côté jusqauboutiste et guerrilla de pacotille certainement, désolé j’essaie juste de vous expliquer, je ne juge pas… Mais ce n’est pas de mon fait désolé, j’ai dû d’ailleurs atténuer l’apparente absurdité de cette phrase par un peu d’humour :
« Le ton est donné », précise le narrateur.

Il ne croit pas si bien dire, tant nous sommes déjà conquis par le récit bon enfant des pérégrinations du citoyen curieux sans être trop critique.
Merci mais vous me flattez grand fou, à moins que ce ne soit du sarcasme, mais flute en face d’une telle intelligence on ne sait plus où donner de la tête…

Dans la suite du film nous assistons donc à des interviews de chercheurs, d'un écrivain de science- fiction, d'une ethnologue, d'un décideur politique par ailleurs ancien chercheur. Entretiens peu dirigés, les intervenants parlent librement et sont assez peu contredits.
Et là se trouve une des plus pércutantes critiques de l’agent de la critique. La liberté de parole est un crime et le peu de contradiction certainement un manque de perspicacité…

Malgré tout, en filigrane, le spectateur attentif ou celui qui a vu le documentaire plusieurs fois, peut déceler certains contresens, des rapprochements qui s'entrechoquent sans que leur dissonance ne soit jamais clairement mise à jour. Les exemples sont multiples.
Ah en filigrane… Peut-être une technique critique… l’ampathie critique… Une façon de critiquer sans mettre des coups de points dans la gueule à la manière du flic fasciste, qui tape d’abord et discute ensuite…

Ainsi tel chercheur décrit de manière pédagogique les différentes nanoparticules existant déjà dans l'environnement urbain – particules dues à la combustion du fioul, du diesel, et à la fumée de tabac. On doit comprendre que les nanoparticules sont déjà parmi nous et que leur danger n'est pas spécifiquement lié aux nanotechnogies.
Absolument faux : la voix off dit :”ce n’est pas parce qu’il y en a déjà partout qu’il faut en rajouter!”
Même si parfois (cf : séquence des ridicules fenêtres autonettoyantes : j'ai dit d'ailleurs lors du débat que je trouvais les applications bêtes à pleurer! mais que faisait donc votre agent ?) je descend certains arguments des pro-nanos comme la présence déjà effective de certaines nanoparticules dans l'atmosphère , un des arguments les plus dangereux à mon avis, il ne me semble pas pertinent de relancer un scientifique qui dit d'une voix relativement navrée que le pognon mène la barque. Il est évident qu'il le déplore.

Il conclut néanmoins en avouant qu'il ne connaît pas toutes les nanoparticules existantes et à venir, et que, connaissant l'être humain, il se doute que « s'il y a du pognon à se faire, les gens le feront ». On aurait aimé avoir la question : « Et ça ne vous dérange pas ?» On ne l'aura pas.
Waooo quel fin analyste, quelle profondeur de champ. Je décèle en vous monsieur l’agent un grand stratège en matière d’interrogatoire...
Si dans le film je ne ponctue que rarement les interventions des scientifiques, c'est parce que je fais confiance aux regards critiques des téléspectateurs, (un truc qui ne doit pas effleurer les agents PMO) votre agent qui l'exerce si bien a d'ailleurs relevé plusieurs incohérences laissées ici ou là afin de semer le trouble, mais il n'est pas le seul faut-il lui dire ?
D'ailleurs la phrase sur le pognon ouvre la séquence sur Minatech, je ne vois pas comment faire plus clair!
Ils ne s'y sont pas trompés d'ailleurs, à tel point que j'ai dû au tout début du débat me défendre de ne pas faire partie de PMO.

Un autre chercheur, Abdelkader Souifi, est interrogé sur les applications militaires des
nanotechnologies. Certes, reconnaît-il, l'objet de ses recherches peut trouver des débouchés dans la défense, mais il jure bien qu'au grand jamais il ne travaillerait sur des contrats spécifiquement militaires.
On saluera, au choix, la probité morale du citoyen ou le raisonnement jésuitique de l'homme de science.
En effet, encore une fois cette séquence est à mettre en rapport avec la suivante. La technique critique qui consiste à tirer des extraits hors de leur contexte ne sert qu’à nuire à la compréhension et à la nuance, faut-il le rappeler. En effet, cette séquence assez longue met en scène un chercheur pris dans ses propres contradictions et questionnements, preuve qu’il n’est pas facile pour les chercheurs de circonscrire leur responsabilité. Cette séquence ouvre la suivante qui présente un compte-rendu d’étudiants sur l’éthique du nanomonde. Les étudiants présentent alors le fameux argument couru du couteau. Les nanotechnologies sont un couteau qui peut tantôt couper la gorge tantôt couper le pain. L’étudiant finit par circonscrire leur responsabilité : “les chercheurs doivent informer sur les risques des nanotechnologies.”
Il me semble que si on suivait cette simple observation, la recherche changerait radicalement d’orientation, elle serait non pas tournée vers les applications dites progressistes, genre telephone portable, mais bien vers la connaissance et la préservation de notre environnement.
Petite note sur le débat à l’agent PMO, il se trouve que j’ai raconté une anecdote lors du débat que l’agent n’a vraisemblablement pas comprise ou pas entendue. Un chercheur m’a confié la manière dont se déroule les commissions d’attribution des budgets de recherché. Un groupe de chercheurs est réuni pour juger le projet qu’il présente, il finit son exposé quand une personne lui demande :”combien de temps supplémentaire va tenir mon telephone portable?” Question évidément navrante et montrant à quell point il ne faut certainement pas confier aux chercheurs les seules decisions en matière d’application. Il faudrait une refonte globale du système d’attribution des budgets des scientifiques.

Sur les risques sanitaires, il mentionne que ceux-ci n'ont rien de surprenant et existent déjà dans d'autres domaines, comme le nucléaire. Nous voilà rassurés.
La comparaison avec le nucléaire est à charge contre les nanotechnologies, surtout lorsqu’il s’agit de risques sanitaires.

D'autres intervenants se montrent moins embarrassés : pour l'ingénieur de recherche en microscopie à force atomique, les débats sur les nanotechnologies sont surtout réservés aux philosophes et chercheurs en pré-retraite – aux vieux en somme, ou aux personnes étrangères à la recherche –, alors qu'eux, les gens du métier, ont mieux à faire : ils ont du pain sur la planche. Rires francs dans la salle.
Oui rires francs. Quel est le sens de ce rire ? Evidement la façon qu’à de rejeter le débat ce jeune chercheur est risible mais elle n’en est pas moins inquiétante, le public le comprend très bien et choisi d’en rire pour ne pas en pleurer. Comme vous mêmes vous avez dû en rire, c’est ce que l’on fait en public dans nos sociétés peut-être un peu trop pudiques.

Moins de rires – aucun en fait – lors de l'interview du directeur de Minatec Jean-Charles Guibert. On apprend que Minatec a pour objectif principal de créer des emplois et d'attirer des « pointures internationales ». Se développer en somme. Pour quoi faire, pourrait-on se demander ? Il va sans dire que la question ne se pose pas dans un film commandé par le service com' de la recherche rhodanienne.
On a très bien compris que c'est pour créer de nouveaux objets plus performants – la question est d'ailleurs balayée d'un revers de manche à l'occasion d'une remarque ingénue du réalisateur : « Le consommateur moderne ne veut-il pas avoir un téléphone portable capable de traiter de la musique, de la photo ou de la vidéo ? ».
Si, bien sûr, il en a toujours rêvé.
Alors là en effet, la question est ingénue et badine, le téléspectateur moyen doit évidément avoir la même reaction que monsieur l’agent et en douter fortement. Il est tout de même assez navrant de ce rendre compte de la suffisance intelectuelle de monsieur l’agent-double persuade qu’il est le seul à comprendre… Je me demande si sa formation professionnelle, que je subordore scientifique puisqu’il travaille dans un laboratoire de l’INSA, n’y est pas pour quelque chose. On lui a certainement tellement répété qu’il était l’élite scientifique de la nation, qu’il a peut-être fini par le croire…

Entre autres sujets qui fâchent, la pression foncière extravagante qu'engendre cette course aux grandes pointures dans le bassin grenoblois ne sera pas évoquée. D'ailleurs aucun ouvrier ou sous-traitant de Minatec ou du LETI ne sera interrogé sur ses conditions de rémunération et de logement. Sujets triviaux, ou bêtement locaux en regard des enjeux internationaux ? On n'est là que pour parler de (techno)science, pas de cuisine.
J’avais prévu de parler de ce sujet que je ne trouve pas trivial du tout, cet aspect des choses était largement présent dans l’écriture du film, mais il faut malheureusement faire des choix en 52 minutes. Par ailleurs, ces problèmes ne sont pas spécifiques aux nanotechnologies, j’aurai pu aussi parler de la collusion plus que problématique entre les politiques et les chercheurs dans la région grenobloise mais je ne faisais pas un film sur Minatech, j’ai donc choisi de provilégier d’autres thèmes qui me paraissaient plus éclairer le grand-public sur le fond scientifique. D’autre part j’aurai pu parler de crolles et de la cata industrielle, mais pourquoi pleurer face au chomage que rencontrent les nanotechnologues français? Je ne vois pas bien le problème pour un antinanotechnologue

Un morceau de bravoure cependant : le commentaire hors caméra du directeur de Minatec au sujet de PMO, les soupçonnant d'être financés par la concurrence internationale. La main de Moscou ? A deux reprises au cours du débat, le directeur adjoint, Bruno Paing, se montrera quant à lui plutôt dubitatif vis- à-vis de cette accusation feutrée, ne se souvenant même pas de l'avoir entendue.
Mais arrêtons là, mieux vaut voir le film.
Bien, juste quelques mots pour vous dire que le film et la séquence sur Minatech est amplement assez critique insistant lourdement sur le fait qu'ils soient avant tout tournés vers le profit et les applications assez sommaires voire ridicules : comme le stylo intelligent. L'accusation qui concerne PMO, qu'ils m'ont confié en off et que j'ai choisi de faire apparaître en in est largement assez absurde pour se retourner contre eux et cela absolument tout le monde l'a compris, du public que j'ai pu rencontrer, à la chaine et à la production. Je pensais même je l'avoue apporter de l'eau au Moulin de PMO.
Mais voilà dans le texte que j’annote ici, ce moment paraît être bien compris puisqu’il est ironiquement vu comme un morceau de bravoure, mais un morceau de bravoure cependant (peut-être plus courageux en effet que l’écriture d’un mail aussi anonyme que la balle de l’agent snipper), hors dans le texte qui présente le rapport de l’agent sur le site PMO il est inscrit ceci :
“Le 10 décembre 2008, celui-ci présentait son film, "Le nanomonde ou l’abîme", à une salle triée sur le volet et convoquée confidentiellement, à l’INSA, école d’ingénieur lyonnaise. Laquelle eut la primeur de ces révélations : non seulement le nanomonde a des ennemis (Pièces et Main d’œuvre, pour ne rien vous cacher), mais ceux-ci sont "financés", selon Jean-Charles Guibert, directeur de Minatec, par "la concurrence étrangère". Nous ne le savions pas. Mais Guibert et Gateau, eux, savent bien qui les paient. Il est vrai que dans le monde désintéressé de la pure recherche, on n’imagine pas de faire les choses gratuitement.”

Et cet acharnement sur mon compte c’est gratuit? Alors là les bras m’en tombent, le Bureau de PMO n’a pas bien lu le rapport de l’agent?

Je dirais même que ce grand et magnifique morceau de bravoure aurait pu éclairer nos chers amis sur mes intentions et mon degrés d’indépendance. En effet comment imaginer que l’industrie nanotechnologique dans son ensemble mandatant le PRES pourrait laisser passer de telles séquences dans un film de commande.

Ayant envoyé à PMO les premiers elements de ma critique de leur critique voici leur réponse :

Bonjour,

Nous transmettons vos deux messages à l'auteur de la critique
cinématographique. Charge à lui de vous répondre s'il le souhaite.

Salutations,
PMO

Waoo quel soutien de leur agent ça fait peur la solidarité, on se sent soutenu par le bureau quand on est agent PMO, l’agent devient d’ailleurs auteur de la critique cinématographique et plus leur agent… Faut-il rappeler à PMO que le papier s’attarde plus sur le débat que sur le film, qui a été lu totalement à l’envers partant que principe qu’il était une commande pro-nano, et je répète que ce point de depart est totalement faux et absurde. Ce qui fait de cette critique de l’agent PMO un tissu de contre-sens et de préjugés.

Sinon je n’ai toujours pas reçu de réponse à ce mail:
“Bonjour,

bien sûr merci de lui transmettre, je prépare un autre texte beaucoup plus détaillé celui-ci reprennant point par point son rapport et votre petit texte me présentant. Donc à suivre, je compte bien répondre sur chacun des sites sur lesquels sont présents le rapport de votre anonyme agent.

Il me semble qu'il n'est pas le seul à devoir me répondre notamment sur ce point et de toutes façons vous êtes responsable du contenu de votre site internet.

extrait du rapport :
Un morceau de bravoure cependant : le commentaire hors caméra du directeur de Minatec au sujet de PMO, les soupçonnant d'être financés par la concurrence internationale. La main de Moscou ? A deux reprises au cours du débat, le directeur adjoint, Bruno Paing, se montrera quant à lui plutôt dubitatif vis- à-vis de cette accusation feutrée, ne se souvenant même pas de l'avoir entendue.
Mais arrêtons là, mieux vaut voir le film.
Bien, juste quelques mots pour vous dire que le film et la séquence sur Minatech est amplement assez critique insistant lourdement sur le fait qu'ils soient avant tout tournés vers le profit et les applications assez sommaires voire ridicules : comme le stylo intelligent. L'accusation qui concerne PMO, qu'ils m'ont confié en off et que j'ai choisi de faire apparaître en in est largement assez absurde pour se retourner contre eux et cela absolument tout le monde l'a compris, du public que j'ai pu rencontrer, à la chaine et à la production. Je pensais même je l'avoue apporter de l'eau au Moulin de PMO.
Mais voilà dans le texte que j’annote ici, ce moment paraît être bien compris puisqu’il est ironiquement vu comme un morceau de bravoure, mais un morceau de bravoure cependant (peut-être plus courageux en effet que l’écriture d’un mail aussi anonyme que la balle de l’agent snipper), hors dans le texte qui présente le rapport de l’agent sur le site PMO il est inscrit ceci :
“Le 10 décembre 2008, celui-ci présentait son film, "Le nanomonde ou l’abîme", à une salle triée sur le volet et convoquée confidentiellement, à l’INSA, école d’ingénieur lyonnaise. Laquelle eut la primeur de ces révélations : non seulement le nanomonde a des ennemis (Pièces et Main d’œuvre, pour ne rien vous cacher), mais ceux-ci sont "financés", selon Jean-Charles Guibert, directeur de Minatec, par "la concurrence étrangère". Nous ne le savions pas. Mais Guibert et Gateau, eux, savent bien qui les paient. Il est vrai que dans le monde désintéressé de la pure recherche, on n’imagine pas de faire les choses gratuitement.”

Et cet acharnement sur mon compte c’est gratuit? Alors là les bras m’en tombent, le Bureau de PMO n’a pas bien lu le rapport de l’agent?

Je dirais même que ce grand et magnifique morceau de bravoure aurait pu éclairer nos chers amis sur mes intentions et mon degrés d’indépendance. En effet comment imaginer que l’industrie nanotechnologique dans son ensemble mandatant le PRES pourrait laisser passer de telles séquences dans un film de commande.

Comment expliquez-vous ceci?

Salutations”



Voilà donc toujors pas de nouvelles :
Apparament, la technique PMO est simple, on tape, on calomnie et on réfléchit après, enfin si on a le temps et puis tant pis pour ceux que l’on insulte, ils n’avaient qu’à pas exister! Et surtout pas d’erreur possible dans leur jugement... J’attends la suite…


On peut arguer que le documentaire n'avait pour objet que de donner la parole aux acteurs des nanotechnologies et à quelques-uns de ses détracteurs, de manière à brosser rapidement un tableau de ce domaine mal connu du grand public, et de mettre en évidence les espoirs et craintes qui y sont associées.
Ah bah oui ça oui on pourrait arguer ça, c’est en effet en gros le projet

On peut aussi regretter que ce ne soit pas l'œuvre d'un journaliste ayant approfondi son sujet, mais d'un cinéaste attendant que ses interlocuteurs le fassent à sa place.
En effet, je ne suis pas journaliste mais bien cinéaste, aussi mauvais cinéaste que l’on peut l’être mais faudrait-il peut-être saisir la différence, non?

On termine en tout cas avec un objet bâtard,
Première remarque sur le choix du mot bâtard. En effet d’après L’agent PMO mon film n’est pas de sang pur, c’est un sale bâtard parce qu’il présente les arguments des deux camps. L’idée que le film soit une sorte de débat contradictoire est pour l’agent PMO une ineptie et une source de batardise. Génial, on se sent entre démocrate c’est chouette. Mais peut-être a-t-il des idées pour rendre plus pur le débat, ah oui la calomnie et l’affabulation pas mal ça, merci l’agent PMO !!
Mais passons le fantasme de pureté de notre agent, et allons un peu plus loin sur le côté un peu flou et lacunaire des interlocuteurs, car c’est en effet ce qu’est le nanomonde : flou et lacunaire. Le fait que je mette en lien l’avis du critique de science-fiction et du dernier prix nobel de physique (haute personnalité scientifique s’il en est) dans la voix off suivante : “Finalement ; le prix nobel et l’auteur de science-fiction paraissent avoir les mêmes informations : un risque se dessine du côté des nanoparticules.” souligne le fait que les scientifiques même les plus performants n’ont qu’une information très vague sur les autres secteurs de recherche.

truffé de vagues avis de chercheurs subventionnés par des contrats,
La question des contrats est exposée clairement par l’étudiant à la fin du film et n’est absolument pas laissée sous silence. Quant aux vagues avis je suis assez d’accord, les chercheurs ne passent malheureusement pas assez de temps a réfléchir sur les pratiques, d’où d’ailleurs un accueil de mon film plus que mitigé par les chercheurs.

de décideurs politiques et industriels,sans plus de recul critique
Faut-il comprendre que vous êtes le seul détenteur du recul critique ? si c’est le cas je m’incline monsieur l’agent.

que celui d'un écrivain de science-fiction – avec tout le respect qui lui est dû car son intervention est peut-être la moins sotte,
Merci pour lui, il en sera très honoré, sachez tout de même que c’est moi qui suis aller le chercher, et ce n’est évidement pas Minateh qui m’a donné son numéro pas plus que celui de l’ethnologue

avec celle de l'ethnologue...
de même Madame Cerqui vous en sera reconnaissante. Petite parenthèse pour dire quand même qu’il aurait été bon de développer un peu plus votre rapport sur cette séquence qui représente 10 pour cent du film et qui développe largement le thème de l’amélioration de l’homme, reprise ensuite par le politique. Mais j’invite les lecteurs à regarder le film, ce que vous n’avez certainement pas fait avec le bon recul critique….

Bref, un produit inoffensif que l'on imagine conforme à un cahier des charges tacite, tout à fait adapté à la diffusion sur une chaîne de vulgarisation institutionnelle.
Alors là il faudrait savoir, inoffensif ou objet de propagande, il me semble qu’il y a une différence. Et comment se fait-il qu’un produit si inoffensif déchaîne autant de mépris pour son auteur ? Je me demande ici si vous n’auriez pas été emporté par votre plume, monsieur agent PMO. Il règne, excusez-moi pour cette petite appartée psychanalytique, dans votre rapport une ambiance de reporter frustré, une volonté de faire du style, d’en mettre un peu plein la vue avec des formules glanées au fil de vos lectures et de vos visionnages télévisuelles. On sent une volonté de faire de l’esprit critique à la mode, à la manière des magazines People. Une petite Vacherie par là, une invention par là, un présopposé par dessus et une accusation sans fondement en guise de crème. Je déteste ça cordialement monsieur l’agent PMO.

Revenons sur le début du film. On l'apprendra à la fin du débat, le mail de départ adressé par erreur n’a jamais existé. Il s'agit d’une invention scénaristique véhiculant l’idée d’une enquête fortuite, motivée par la curiosité. On imagine aisément qu’une introduction plus factuelle aurait d’emblée affadi le propos. Imaginez : « Ce film est une commande du PRES de Lyon, fédération d'organismes de recherche, sur la vulgarisation des nanotechnologies. Je vais donc le faire. »
J’ai déjà parlé plus haut du financement et de la commande. Cette information fausse paraît être le pilier de la critique.

Vraiment, non.
Dans le film, le réalisateur ne présente que quelques mots de sa demande d'interview adressée à PMO (en substance « Je souhaiterais vous rencontrer pour en savoir plus »). La réponse des intéressés semble laconique et exagérément méfiante : « ...nous ne participons qu'à des films contre et non pas sur les nanotechnologies » – encore une fois, l'intonation du narrateur importe.
L’intonation en effet est importante mais elle ne fait pas tout

Renseignement pris auprès de PMO, Vivian Gateau a d'emblée précisé dans son mail l'objet de son film ainsi que son origine.
Oui absolument c’est mon habitude de ne pas avancer masqué…
A la demande de rencontre de V. Gateau, Pièces et Main d'œuvre a précisément répondu par deux mails :
Le 25/10/07 : "Vous êtes le bienvenu si vous voulez utiliser nos informations, nos sources, nos textes, et nous citer.
Oui c’est ce que j’ai fait, je les ai cité, j’ai utilisé leurs informations. Mais d’ailleurs puisque vous en parlez, depuis quand dois-je avoir l’autorisation d’un groupe publique pour parler de lui et utiliser leurs informations publiques ? J’avoue avoir été un peu gêné par cette autorisation. Même si PMO m’avait demandé de ne pas parler d’eux je l’aurai fait.

Nous rencontrons souvent des journalistes qui souhaitent une information de fond sur la critique des nanotechnologies.
Vos articles en suffisent pas ?

Ceci dit nous ne participons qu'à des films contre et non pas sur les nanotechnologies. Cordialement, PMO"
Le 5/11/07 : "Avant tout voici en pièces jointes deux textes de fond sur les nanos
Je les ai lu avec intérêt

(disponibles sur notre site, mais celui-
ci est en panne ces jours-ci). Quand vous les aurez lus, s'il vous reste des questions, dites-le nous. Cordialement, PMO"
Doit-on alors s'étonner de la réaction de PMO, l'invitant d'abord à se renseigner sur son site ?
Absolument pas mais il était évident que si je les contactais pour les rencontrer c’est que j’avais déjà pris connaissance de leur site, non? Et après deux ou trois relances de ma part pour un tournage j’ai compris qu’aucun représentant de PMO ne parlerait à visage découvert. Chose que je respecte. Mais je n’avais pas besoin de plus d’information que ce que le site me donnait et leur mail me donnait. Si javais su que la proposition “s’il vous reste des questions dites le nous” était un ordre, j’aurais obéi monsieur l’agent. Mais j’ai renvoyé un autre mail expliquant que j’aimerai réalisé une interview filmé qui n’a jamais eu de réponse…

Doit-on déplorer qu'ils n'aient pas souhaité y participer ? Peut-être, mais au visionnage du film on peut le redouter le traitement qui aurait été donné à leur propos.
Peut-être pas ? Qui sait, vous vous savez djà apparement ? Les members secrets de PMO auraient peut-être compris que mes intentions étaient louables et ça leur aurait évité de faire confiance à un agent défaillant et de surcroît de mal lire son rapport…

Quoi qu'il en soit, le réalisateur aurait gagné à se documenter davantage, de façon à poser des questions un peu plus intéressantes à ses interlocuteurs.
Que les questions que je pose ne vous intéressent pas est bien évidemment incontestable mais que savez-vous sur ma documentation monsieur l’agent?

N'étant pas membre de PMO
il est pourtant évident que vous faites partie de PMO, puisqu’il vous appelle leur agent, je ne vois pas bien pourquoi vous vous défendez d’y appartenir. Enfin laissons cela je me fous totalement de vos difficultés à vous assoir entre deux chaises, même s’il témoigne bien de la difficile condition de l’agent-double.


, je n'argumenterai pas sur ce point. Néanmoins, un cas semblable (Le téléphone sonne, sur France Inter) a déjà été discuté sur le site.
Cas qui ne me concerne pas. Manière tout à fait subtile de créer de l’amalgame monsieur l’agent, bien joué, je vois que vous êtes rodé à des techniques de policier.


Débat !
Les quatre intervenants sont sur l'estrade. Les questions posées s'adresseront donc généralement aux quatre à la fois. Ceux-ci ne manqueront pas non plus de se répondre les uns les autres. Ce dispositif limite considérablement le nombre de questions posées par le public, et permet aussi aux questions gênantes d'être plus facilement éludées. Heureusement elles seront peu nombreuses.
D’ailleurs avez-vous posé une question gênante ? Etait-il si difficile de contourner ce prétendu dispositif? Apparement, non, puisque des questions que vous avez trouvées génantes ont été posées, non?

Abdelkader Souifi commence par quelques questions à Vivian Gateau. Est-il un citoyen curieux, ou inquiet ? Voyons, les deux mon général ! Vivian Gateau est « vigilant ». N'est-ce pas ce qu'on exige aujourd'hui du citoyen ? Cela dit, je lui souhaite de disposer d'armes critiques plus affûtées que ses réflexions badines égrenées au cours du film et du débat s'il entend vraiment faire usage de sa vigilance.
Je prends note et apprend énormément à votre contact…

On a en tout cas la révélation d'un talent d'amuseur public, adoptant volontiers des mimiques à la Coluche pour détendre l'atmosphère (les poings sur les hanches, faisant mine de s'exaspérer : « Mais enfin, je peux répondre à la question oui ou non ? »).
Attaque tout à fait personnelle qui n’a pas suffit, j’en suis sûr à écorner votre sens critique sur mon travail. Mais l’agent PMO a raison je suis très amuseur public, je le confesse sans honte. Je pense que le rire peut permettre de faire passer beaucoup de choses. Mais l’agent PMO le pense aussi puisqu’il égrène son rapport ici ou là de petites blagues…

Il interviendra malgré tout assez peu,
Ouf, moi qui pensais avoir trop parlé, me voilà rassuré

en comparaison de Bruno Paing, surtout, et de Bernard Reber et Guy Hollinger, apparemment moins rompu en communication que son coreligionnaire de Minatec.
Tour de table.

Bruno Paing reprend l'argumentaire de son supérieur hiérarchique interrogé dans le film :
quel mal y-a-t'il à créer des emplois et à améliorer la compétitivité de la recherche et des entreprises françaises ? Et de déplorer, chiffres à l'appui, le déficit de brevets déposés par les équipes françaises par rapport aux équipes concurrentes, alors que le nombre d'articles publiés sur les nanosciences est comparable. Minatec est donc là pour y remédier.
Argument largement critiqué dans le film, mais quand on ne veut pas voir on ne voit pas!

Au sujet des risques sanitaires, on apprend une fois de plus que les nanoparticules sont déjà présentes partout. Voyez-vous, même les Grecs en utilisaient pour faire des pigments.
Argument en effet totalement inopérant, le sens critique d’un nouveau né suffirait à y voir clair.

Bernard Reber, ordinateur portable ouvert posé sur les genoux, livre quelques réflexions assez pertinentes. Il met d'abord en perspective la parole des chercheurs interrogés sur les risques sanitaires, en espérant que ceux-ci ne soient dans 20 ans aussi ridicules que ceux qui officiaient dans le Comité Permanent Amiante. Il mentionne aussi la disproportion flagrante entre les promesses faramineuses des nanotechnologies et l'imprécision sur les risques. Ensuite, « concernant la question des applications des recherches, ce qui ressort de l'approche « bottom-up », c'est finalement que les chercheurs mettent à jour des phénomènes, et qu'ensuite seulement les industriels se demandent qu'en faire. C'est la réponse à un problème que l'on ne s'était pas posé, en somme. Alors que des problèmes, on en connaît déjà, comme le SIDA et la faim en Afrique. »
J’ai d’ailleurs appuyé sur cette question. Les applications sont souvent imaginées par des scientifiques (voire l’anecdote sur l’attribution des budgets) dont ce n’est pas le travail. Ce qui donnent des résultats navrants comme les fenêtres auto nettoyantes et le stylo intelligent.
Ce qui m’a valu une charge de Minatec :” vous êtes mal renseigné il y a plein de choses sur la manière de rafiner le pétrole et faire moins polluant
Ce à quoi j’ai répondu : “ ce n’est pas moi qui ai demandé au directeur de Minatec de me parler de stylo intelligent
Minatech m’accusant de ne pas faire de la propagande pronano aurait peut-être dû alerter l’agent PMO sur nos liens, mais bon encore un problème de recul critique…

Hélas, peut-être aura-t-il été émoustillé par l'ambiance bon enfant que distille l'amuseur Gateau, ses interventions suivantes seront moins incisives.
En effet, j’ai un tel talent de comédien que les penseurs autour de moi se taisent. Mais l’agent n’a pas tord, mon voisin a confirmé que l’humour était efficace en matière de prévention. Peut-être plus qu’une charge violente et cadensée aux pas à la manière de quelques orateurs dogmatiques d’un autre âge. En fait je crois qu’ici réside aussi la différence entre PMO et moi.

Pour le reste, la plupart des questions du public tournent autour du risque sanitaire.
Un écologue intervient, rappelle que sa branche de recherche, la première concernée par les questions liées à la dissémination des nanoparticules, est paradoxalement la moins financée par l'Etat.
Et là la police est intervenue, menottant tout le monde. En nous passant dees lasers dans les yeux pour effacer nos mémoires. C’était extra ! moi je m’en rappelled parce que je fais partie de leur bande. Mais non rassuerz-vous les amis, le dispositif n’atait pas complet ce jour, on avait pas l’appui des forces spéciales, la question gênante et l’intervention (que j’ai trouvé très bonne, blague mis à partà n’ont pu être évitées , damned !

La finalité des nanotechnogies, de la technique en général, ne sera jamais abordée de front, sauf par un intervenant.
Jamais sauf par un, c’est pas très clair votre rapport…

Celui-ci se demande s'il existe vraiment une demande sociale à l'origine de ces recherches.
Cette question ne trouve pas de réponse désolé. Qu’est-ce qu’une demande sociale? Est-ce que la vectorisation des médicaments qui permettraient une avancée en matière de traitement du cancer est une demande sociale, est-ce la miniturisation des cameras qui garantirait une meilleure maîtrise d’une société sous hyper-contrôle? Vue les tournures que prennent les elections, la seule demande sociale identifiable est certainement la sécurité ( theme développé dans la sequence du train et du message ) sous toutes ces formes, police, chomage et santé, personne ne veut mourir dans un nuage de nanoparticules.


Je vois un élève-ingénieur assis près de lui froncer les sourcils. L'effort intellectuel est perceptible. Il n'est pas donné de réponse directe à sa question. En guise de consolation, Bruno Paing assure qu'à Minatec on ne cherche pas au hasard : il y a un dialogue constant avec les industriels. C'est la deuxième fois dans la soirée que je suis rassuré.
Moi non plus je ne suis pas rassuré par le comportement et les déclarations de Minatec.
Par exemple dans le film , cette voix off y fait référence après la visite du politique, si l’agent ne sait pas regarder un film peut-être sait-il lire ? :

On m’assure que l’on va tout faire pour associer le citoyen aux réflexions éthiques, mais bon je ne suis qu’à moitié rassuré. Ce qui m’inquiète : c’est que les investissements mondiaux pour garantir notre sécurité sont ridiculement petits. Même si je ne suis pas dupe, on m’a parlé plus d’éthique que de développement économique et d’emploi, c’est déjà ça.”



Question d’une personne que je présume être un élève-ingénieur : « Peut-être que j’ai mal compris, mais quel est le problème ? C’est une technologie comme une autre, les chercheurs cherchent, les philosophes réfléchissent (nouveaux rires dans la salle à cette évocation) et le journaliste dénonce, c’est normal. » C'est le moment où j’hésite entre la consternation et la rigolade.
Moi j’avoue ne pas avoir rigolé à ce moment là ( petit doute tout de même l’intervention était, il me semble, beaucoup plus sèche et moins romancé que veut bien le relater l’agent PMO, il n’était pas question de “le journaliste dénonce c’est normal” ajout romantique de l’agent PMO d’autant plus étrange qu’il s’évertue dans son rapport à prouver que ce film ne dénonce rien et ne fait que contrer les arguments des anti-nanotechnologues, vraiment très étonnant…
Dans mon souvenir qui date d’un mois, c’était plus : “en fait je vois pas où est le problème.” )
J’ai donc rappelé à ce moment là au milieu d’un petit tumulte d’où la raison pour laquelle l’agent PMO n’a peut-être pas entendu (recul critique oblige) que deux problèmes majeurs étaient la prolofération et les risques sanitaires des nanoparticules et l’utilisation des nanotechnologies comme moyen d’amélioration de l’être humain.

Bruno Paing, en revanche, a choisi son camp et a bien saisi toute l'innocuité de la question ; il trépigne de satisfaction sur son siège : « C’est une très bonne question ! » Et de lui expliquer, en substance, que les dangers de cette nouvelle technologie doivent bien entendu être encadrés, et que passée cette précaution, tout continuera à ronronner dans le petit monde de la recherche.
Quant à Vivian Gateau, il précise que son film n'est pas une dénonciation des nanotechnologies.
Non ce n’est pas un film contre une technologie mais plutôt contre les dérives des nanotechnologues, qui justement veulent enfermer la critique à leur encontre dans la discutable opposition à une technologie. D’où mon intention de désamorcer cet argument en n’affichant jamais une opposition de principe. Mais quel est le titre du film "le nanomonde ou l'abîme ". Mais il n'y a pas de point d'interrogation dites-moi, m'a retorqué un chercheur, je lui ai dit avec mes deux mains sur les hanches, comme la pâle copie d'un mauvais Coluche, pose que j'affectionne particulièrement parce qu'elle me rappelle mon père: "bah non, y'a pas de point d'interrogation ! " un abîme est un trou sans fond, qui ne reflète que nos propres fantasmes, positifs ou négatifs. Mais la plupart du temps dans notre société assez négatifs.

Peut-être se réserve-t-il l'opportunité de travailler à nouveau pour le PRES de Lyon au sujet des OGM ou d'ITER.
Encore une attaque personnelle totalement infondée et abusive, décidément quel style! Est-ce ce genre de choses que vous auriez aimé voir dans mon film ?

Il prend d'ailleurs soin d'affirmer qu'il est désormais « amoureux des nanotechnologies ! ». Rires dans la salle, bien sûr. Tout ça pour ça.
Il s’agissait évidemment de second degré mais cela tout le monde l'a compris dans la sale, sinon personne n’aurait ri!...

Le mot de la fin, après la question posée au sujet des échanges de mails avec PMO, est réservé à un invité surprise dont je ne me rappelle malheureusement pas le nom. Délicieuse impertinence, il pose une question au public : un sondage effectué auprès des ménagères américaines leur demandait « Si vous aviez le choix entre vous passer du four micro-onde ou du téléphone portable, que choisiriez-vous ? ».
Bigre, ce n'est pas une question, c'est un koan.
Ho ho monsieur l’agent se lance dans les réflexions badines et humoristiques… il parle même le japonais, c’est très bien ça… Si j’utilisais ses arguments je dirais que c’est pour mieux se jeter dans la compétition scientiste internationale et prouver ses qualités sur le très porteur marché japonais des nanotechnologies.

Les sondées étaient manifestement indécises.
Et le public, qu'en pense-t-il, lui ; de quoi est-il prêt à se passer ?
Introspection. Le directeur adjoint de Minatec, lui, n'y tient plus : « De rien, et on en redemande ! » exulte-t-il, tandis que Vivian Gateau acquiesce avec gourmandise.
Il s’agissait évidement de second degré mais cela tout le monde l'a compris dans la salle... Sauf peut-être votre agent qui décidément a du mal avec le second degré, pourquoi former vos agents à ne pas rire quand les autres rient ?

Hélas non, le débat ne s'est pas achevé sur cette note divertissante, mais sur une espèce de consensus tiède autour de l'inéluctabilité du progrès technique et de la nécessaire vigilance citoyenne le suppliant d'être raisonnable, comme le demandent à un adolescent brutal des parents désemparés.
Citoyen n°1 68 02 75 207 451 90
Lyon, le 18 décembre 2008

Belle image l’enfant brutal et les parents désemparés… Mais qu’y a-t-il derrière l’image ? Que faudrait-il faire alors devant cet enfant, mais bien sûr, si je comprends bien l’activiste et son action, une bonne baffe dans la gueule anonyme, la nuit, comme ça quand il ne s’y attend pas, comme ça, ça le marquera une bonne fois pour toutes. Pas de dialogue, pas de délibération. Et si quelqu’un, un voisin, un ami vient et propose le dialogue, vous le traitez de tous les noms, vous racontez des conneries sur lui, qu’il vend son âme au diable, que c’est un bâtard par exemple, ça devrait être pas mal comme ça. L’enfant finira bien par rentrer dans le droit chemin.

Peut-être devrais-je vous préciser aussi ce que votre agent a omis d'écrire, c'est que Minatech pense et dit que c'est un film contre les nanotechnologies, le responsable com présent l'a d'ailleurs dit lors du débat. On ne peut pas dire que mon film lui ait plu et croyez-moi, il ne devrait pas me confier la captation de leur arbre de Noël, chose évidemment je n'ai jamais faite et ne ferait jamais pour quelque entreprise que ce soit ...
Alors me voilà bien embêté, dirais-je avec la bonhommie amusée et parfois navrante qui me caractérise ! Conchié par les anti, méprisé par les pros ! C'est à croire que je suis incompris, argh que je souffre ! Mais non en réalité, je suis bien compris, je ne suis d’accord ni avec l’un ni avec l’autre camp. Je ne pense pas qu’il faille fermer les yeux sur les risques et nous diriger béatement vers le pseudo avenir radieux que nous promet les nanotechnologues, mais je ne pense pas qu’il faille arrêter les recherches, il faut réorienter radicalement la recherche sur les risques. C’est d’après PMO un positionnement mou et débile, et pour Minatech une ineptie industrielle conférant à l’obscurentisme.
Petite remarque encore même si je pense avoir passé un peu trop de temps à tout ça tant je pense qu’il y a chez l’agent PMO une vraie malhonnêteté intelectuelle, et je m’excuse d’emblée des remarques répétées à son encontre dans cette réponse mais j’avoue ne pas pouvoir contenir ma colère. La lecture ne doit pas en être si drôle mais je trouve assez dégueulasse la manière dont je suis traité, par l’agent secret et aussi par PMO qui là ne fait pas preuve de grande clairvoyance. Je ne dis pas que c’est toujours le cas, mon intention n’a jamais été de les discréditer mais j’avoue que là ils sont très mauvais.

De l’agent double: rappelons-nous que l’agent de PMO incognito est un agent double, travaillant dans un laboratoire de l’insa, il est aussi un activiste anti-nanotechnologique masqué. Je comprends bien sûr l’excitation de l’anonymat et la trépidation du snipper mais j’ai un doute profond sur la pertinence de son positionnement. Mon film présente certains doutes quant aux applications et aux recherches, ces doutes ne sont pas levés par la prise de parole des scientifiques en matière de précaution. Pourquoi devrais-je faire plus confiance à un chercheur parce qu’il est masqué ? Désolé mais j’ai tous les doutes du monde sur la distance critique des chercheurs sur la science quels qu’ils soient, masqués ou non.

Merci à tous les sites qui voudront bien diffuser cette réponse

Cordialement
Vivian Gateau

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